Se vêtir pour pas trop cher au Canada

Se vêtir pour pas trop cher au Canada

Salut à toi ami (moyen) pauvre, immigrant bulgare en guenilles débarqué du Lutecia, pévétiste fauché. Maintenant que tu ne dors plus dans des cartons, que ton scorbut s’est résorbé grâce aux excellents conseils alimentaire de sa fenekissime plume tu vas pouvoir te vêtir comme un milord avec tes piastres durement gagnées .

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La parade nuptiale au Canada est une affaire de bon goût

Venez (si c’est l’été !) avec des chaussettes, des sous-vêtements, un maillot, des serviettes et une bonne paire de chaussures montantes, un jean et 3-4 tee-shirts. Et ce que vous avez sur le dos. Le climat local est tel que vous ne possédez pas en Europe la garde-robe (sans compter le volume bagage) nécessaire à l’amplitude thermique qui oscille entre moins 40 et plus 35 Celsius. Il vous faudra donc vous approvisionner sur place. Pas de panique, de nombreuses alternatives existent. Par une de ces bizarreries locales, les caleçons droits (pas boxer mouletonboule) sont relativement rares icittes (on en trouve à Wallmart), si j’avais su j’en aurais ramené plus.

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Nous rappelons aux Canada Goose-sluts que les Québ se foutent du fétichisme des français (ici un coureur de Ramparts dans le dénis de sa prostitution) pour cette marque hors de prix de petit bourge et ses pratiques de cruauté envers les pauvres coyotes et oies . Et bon appétit bien sûr. Si tu vois quelqu’un se balader en automne en Canada Goose, t’as de bonnes chances qu’il soit français. C’est un peu comme un signe de ralliement de gang ethnique. Sauf qu’au lieu de vendre de la drogue, ils font la gueule devant le Fitzroy et l’Avenue. Si tu veux vraiment porter de l’animal mort, achète-le d’occase, comme ça tu garderas le karma pur et empêchera la mort inutile d’une pauvre bestiole de nourrir les mites dans un grenier.

Si vous arrivez quand il fait encore un temps potable (cad au dessus de moins 5) ne commencez pas à vous emmitoufler dans votre parka. Vous allez devoir fortifier votre corps tel un héros de film de kung fu, et lui apprendre à encaisser ce petit vent froid dégelasse qui vous lapide la gueule passée janvier. Il n’est pas rare de croiser des filles en jupettes courtes et leurs chums en short sous un climat considéré comme grand froid par ces chochottes d’Européens de l’Ouest (parce que la Finlande c’est badass, j’aime la Finlande).

Où acheter?
Vaste question. Des promotions occasionnelles « nous payons les taxes » vous donneront le privilège insensé de payer ce qui est marqué sur l’étiquette (sans taxes donc).
LA grosse journée de solde systématique c’est le « Boxing day » (26 décembre) et un peu aussi le « black Friday/Vendredi Fou ». L’état canadien se garde totalement d’intervenir dans les soldes et les commerces sont libres d’organiser leurs ventes spéciales toute l’année. En général s’il y a un festival (rue bloquée et tréteaux sur la route) c’est Bingo. A noter que Johannie (notre experte, voir plus bas) ne partage pas mon analyse. Encore une chicanerie…

Les enseignes Winners et Mark’s proposent des « grandes marques » à prix bradés toute l’année pour ceux qui veulent se vanter de payer la même m… moins cher. A Montréal l’Aubainerie, à Toronto Honest Ed (terminé hélas) cassent les prix. Les toutes petites mains d’enfants chinois et mexicains fournissent aussi Walmart en vêtements neufs peu onéreux. Pas mal de vêtements chinois (qualité bof-bof) pas cher vers PIE IX (MTL)et Bloor West (GTA). Etant vous-même un pauvre, vous n’avez pas forcément le luxe d’avoir une éthique de consommation. A moins bien sûr que… (voir plus bas).
La fausse bonne affaire : les petites annonces sur Facebook de gens revenants au pays une main devant une main derrière (ça sera votre cas, mais j’espère que vous limiterez la casse en suivant mes conseils). Dieu que nos contemporains sont rats, c’est affligeant. La vraie bonne affaire, la section « dons » et échanges de Kijiji.ca et Craiglist.

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Même la Police de Montréal aime s’habiller cool (nan en fait c’est une marque de protestation syndicale de porter des futals non réglementaires)

Si comme moi vous adorez chiner vous allez kiffer les « thrifts stores » (en gros les Emmaüs) du Canada. Les gens donnent leurs vieux vêtement (entre autres) à ces enseignes dont les plus connues  sont le village des valeurs/Value Village , The Salvation army (l’armée du Salut) et Renaissance. Le ratio de vêtements homme/femme est d’environ 1/3 sans que je puisse établir si les femmes sont plus généreuses ou plus achalandées niveau garde-robe. Ces magasins font aussi office d’œuvre de réinsertion et l’étiquetage/ classement laisse à désirer (la partie sportswear est toujours unisexe). On y trouve des perles rares à des prix défiant toute concurrence avec des arrivages quotidiens. Pour vous faire une aprèm shopping bien BS (Rmiste en Québécois) rendez-vous sur le croisement Ontario-Est/Pie 9 (MTL) ou à celui de Bloor/Lansdowne (GTA) avec deux magasins et plein de bazars. Les affaires partent vite et si vous laissez un truc dans coin, il risque de n’être plus là à votre retour. J’ai personnellement trouvé des jeans de marque à 12 boules, des vêtements polaires à 30 et des vestes en cuir à 30. Perso, je vire les étiquettes de marques à coup de cutter et de patchs de Punk. NO LOGO 4 EVER. Les églises organisent aussi des ventes de charité hebdomadaires dans leurs sous-sols lors des jours de congé de Jésus (typiquement vendredi-samedi-dimanche).

Les Canadiens ont pour tradition de laisser leurs biens en trop dans la rue à destination des moins fortunés lors de déménagement ou de ménage de printemps. En général c’est rangé proprement dans des boîtes (en attendant la pluie). Il convient de faire TRES attention à ne pas ramener à la maison des petites bébêtes inamicales types puces de lit. C’est possible de « stériliser » des vêtements secs trouvés dans la rue au moyen d‘un traitement prophylactique impitoyable. Transportez-les dans un grand sac-poubelle ETANCHE noué serré. Dirigez-vous vers la laverie la plus proche. Transférez le contenu du sac directement dans le séchoir. Traitez le sac comme une couette de pestiféré (ne pas réutiliser au retour). Et faites-leur subir une heure de séchage (à sec) à puissance maximale (meurt, pourriture communiste suceuse de sang). Deux si vous êtes paranos. Si vous êtes psychotique, un mélange de cryogénisation (une nuit dehors par moins 20) et/ou de micro-onde pour les grands malades (40 secondes, vérifier si ya du métal, ne pas foutre le feu à la maison) semblent donner des bons résultats. Puis lavez-les normalement comme du linge sale. Les larves (ou pire, la gale !) ne survivront pas au traitement de choc. Les vêtements vendus dans les thriftstores sont traités et nécessitent juste un classique lavage à froid avant utilisation. Fuyez comme la peste les canapés et les matelas laissés dans la rue, particulièrement s’ils sont lacérés.

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Wep, c’est vraiment une fille, et même une jolie quand elle déconne pas avec le makeup

Johannie* est quebecoise et maquilleuse pro, elle nous livre ses conseils, pour vous les filles:

Pour les basics (chaussettes, sandales, accessoires pour les cheveux, quelques fois des bijoux cool, costumes ou t-shirt): Ardene. Pas de la grosse qualité, mais on peut acheter en gros pour pas cher. Certains trucs font ados, mais on peut y trouver des trésors. Environ 20$ pour des chaussettes, mais tu en as 15 paires. Pour les amoureuses du vintage: L’armée du salut ou Renaissance (celui sur Masson à les meilleurs trucs, souvent des marques). Environ 5$ le haut et 7$ le bas. Astuce: Attendre les soldes géniales. Évitez le Boxing Day (prix moyens, trop de gens, clientes agressives). Préférez la fin de janvier, la mi-mars, la mi-juin, juillet, la fin août, mi-octobre (après l’Action de Grâce), la mi-novembre (au Black Friday, pour l’achat en ligne). Certaines rues deviennent de charmants marchés à ciel ouvert. St:Hubert: parfait pour les amoureuses de la mode ou pour la demoiselle d’honneur qui cherche sa robe. Il y a également des boutiques de lingerie et des Sex Shop (lors des braderies, les soutifs sont très abordables et la qualité est acceptable). Mont-Royal: Rue centrale du Plateau et noyau principal de l’invasion française, elle comporte peu de boutique12513894_10153700280851888_1982899840623142667_o de vêtements. Cependant, c’est un coffre à accessoires. Plusieurs bonnes adresses proposent des chaussures allant de l’escarpin à la botte de combat, bijoux de hippies pour danser au son des tam-tams sur la montagne, ceintures et lunettes de festival. Il faut absolument arrêter au Blue Boy pour déguster un fabuleux sorbet fait maison, dans une ambiance des années ’50 (*Me contacter si vous souhaitez faire appel à elle, elle habite désormais Toronto.)

I’m too sexy for my short

5798cbcfc70b9Les filles voilà la bonne nouvelle. Ici c’est pas l’Europe, et tu peux t’habiller sexy moulant, ou même en jupe sans attirer la meute de schlagues usuels. Enfin si, mais ils seront moins relous. Et n’ai surtout pas peur d’être de mauvais goût, t’as pas le level du Canada.

Pour les hommes si tu veux t’intégrer, je te conseille le MUST du mâle québécois urbain moderne: la chemise-barbe.D’ailleurs pas qu’en boîte ou au bistrot, au travail ca marche aussi.

Inversement, si tu pousses du plomb en écoutant du Jay-Z essaie la douchebag attitude qui fait fureur chez la jeunesse dorée du boulmich’ Saint-Laurent. Pour etre un douchebag il te faudra un débardeur, un bukkaké à l’autobronzant, un jean, et une casquette bien vilaine.Ensuite c’est dans les manières, essaie de te comporter comme si t’étais un gros thug sexiste qui écoute du rap de merde. Si tu es un bon Red Pill Player qui sèmes des MST à tout vent, tu finira peut être même par atteindre la consécration du douchebag: ta propre fiche dans thedirty. C’est maman qui va être fière.

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Contrairement aux apparences, ces douchebag sont  officiellement heterosexuels

(NDF: Ça fait un moment que je veux te parler de thedirty, cette abjection digitale qui te fera vomir. C’est comme regarder confession intime ce truc. Avec des kassos Tinder qui s’accusent mutuellement de se filer des DRD. Si tu soupçonnes les anglos d’être légèrement faux culs, tu pourras rire un bon coup. Et vérifier au passage si ce beau gosse n’est pas le père de 14 enfants de 8 femmes, et cette blonde siliconée, un mec.)

T’es encore là toi? Allez, voilà du porno vestimentaire d’Arabie Saoudite

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Se nourrir pour pas cher au Canada sans devenir diabétique ou obése

Se nourrir pour pas cher au Canada sans devenir diabétique ou obése

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Le monde se divise entre plein de catégories de gens. Par exemple, ceux qui te font un festin avec 3 navets, et ceux qui foutent le feu à la cuisine en faisant une omelette. Si vous appartenez à la première catégorie, vous disposez là d’une compétence inconnue de la plupart des cuisiniers de cafétérias du Québec (ouais, c’est un peu dégelasse et gras). Mais ça se change et la cuisine c’est facile une fois qu’on a choppé le coup. Ça prend un peu de temps mais c’est du temps social, où tu peux causer avec tes colocs en pelant des légumes, ou alors sortir au marché avec ta blonde.

Si vous avez la flemme de lire tout (ça serait bête je me suis cassé le boule à l’écrire) l’idée se résume en deux concepts : éviter les grandes chaînes pour les indépendants et cuisinez vous-même votre propre bouffe plutôt que de baffrer du tout fait! Rappel: c’est la deuxième partie d’un guide qui commence ici.

Bannir la grignote nécessite un effort de fond qui paie en santé et en économies. Votre serviteur aime particulièrement se faire une bonne grousse marmite de plats en sauce bien piquants portionnés en doses journalières dans des tupperwares qu’il suffit de congeler. Bœuf bourguignon/curry de poulet/rougaille-saucisse/ratatouille agrémenté suivant le gout du jour de féculents tels que patates/riz/pâtes/semoule/quinoa.

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Fascinant autocuiseur. On a tous un féculent préféré. Moi c’est le riz. Voilà pourquoi je possède un autocuiseur. On en trouve à moins de 20$ (parfois moins de 10) et ils permettent de faire du riz sans le louper en 15 minutes chrono quand on rentre la dalle au ventre de soirée. Efficace aussi pour les lentilles, la Quinoa, les raviolis et toutes sortes de poissons qui se cuisent à la vapeur. On trouve même des recettes pour cet instrument miracle. Pour le nettoyer, tu laisses tremper dans l’évier une nuit et tu nettoies à l’esponge non abrasive. Cousin bourgeois de l’autocuiseur : le crockpot ou mijoteuse, tu mets tout les ingrédients dedans et ça cuit 8 ou 12 heures à super basse température. Comme ça tu pars bosser et t’as un bourguignon au retour sans foutre le feu à la maison ni cramer au fond.

L’été c’est la saison des salades (tomates/kale/laitue/lentille) et l’hiver des soupes moulinées (carottes/navets/choux/et toutes ces citrouilles/courges délicieuses). Soyez attentifs à l’aspect/date limite de consommation du produit et des conditions de stockage, j’ai vu des taboulés gonflés dans des frigos défectueux (clostridium)  et je connais au moins deux supérettes qui éteignent les frigos la nuit, à Montréal, et Toronto. Pas moyen d’écrire où mais en inspectant la gueule des surgelés on se fait une bonne idée en général.

Le bal des vautours : Quelques enseignes de grande distribution

Loblaw/Provigo No Frills Maxi Metro Wallmart IGA Cosco
En un mot Vaste choix de trucs trop chers. Le hard-discounter en bouffe grasse et sucrée douteuse hors Quebec Loblaw des pauvres, Mammouth écrase les prix Du vol patenté avec des promos intéressantes sur la viande Premiers sur les prix, derniers sur le droit du travail La chaîne bien-de-chez-Québec Là où les obèses pauvres achètent leur diabète
Prix $$$ $ $ $$$$ $ $$$ $
Choix/Qualité JJJ J J JJ J JJ JJ

Manger des trucs bios sains est possible au Canada, mais nous sortons là d’une optique budget. C’est un choix de vie qui se monnaye (et pas qu’un peu). Si vous êtes diététicien/expert en agroalimentaire etc et souhaitez que j’écrive là dessus quelque chose, contactez-moi.

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Festin pour fêter le têt (nouvel an Viet) à Toronto. A force de vivre à Chinatown… à gauche un bouillon de gingembre/citron vert, une salade de champignons froide, et une salade de poulet thai. Budget: 10 boules.

Pour vous procurer tous les ingrédients, direction le plus proche quartier ethnique. Si vous habitez sur le plateau, je vous recommande chaudement Seagals’ (en bonus pas mal de trucs bio à pas cher) si vous arrivez à supporter les beaufs qui vous foncent dessus en caddie dans les allées larges d’un mètre. Ou alors le PA (qui livre) mais il s’embourgeoise encore plus vite que le quartier et les prix augmentent constamment au rythme de la gentrification de Montréal.

Les experts: Autopsie d’un ticket de caisse d’une épicerie pas chère, en rouge les prix grande distribution

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Les Asiatiques, Africains, Ukrainiens, Italiens, Maghrébins, Grecs et Sud-américains ont été des immigrants avant vous et connaissent souvent les bons plans. Les Chinois excellent particulièrement dans l’art de cuisiner pour pas cher grâce à des années de pratique de la famine maoïste. Deux livres de gîte de paleron en gros (11 dollars à Fu Tai/Montréal un peu plus au Nosso Thalo de Toronto), une barquette de champignons en fin de vie au fruitier dans le bac à promo (1 dollar les deux) et une botte de céleris ou de carottes négociée en jouant les causette-les-deux-pieds-dans-la-neige à Jean Talon (2 dollars à Montréal, 3 chez Yong Xin Fruit and Vegetable à Chinatown-sur-Toronto ). Versez de la bière dans votre ragoût et servez avec un féculent, et voilà pour moins de 20 dollars 4 ou 5 excellents repas qui feront le bonheur de vos amis.

Pour des bons plans en gros (venez avec un gros cabas), direction Mayrand la centrale de gros qui fait des prix de fous furieux. A ces tarifs-là (les moins chers de la ville accessible aux particuliers) ça vaux le coup d’affréter un Uber voire de louer une bagnole par mois. A visiter pour une soirée raclette, ou un plan méchoui à 40.

Tu es gourmand(e)? Va pécho du vieux!
Ils sont là, seuls et délaissés telles des vedettes grabataires d’Hollywood. Les vieux légumes pas sexy, victimes du diktat du jeunisme, sont parqués dans un coin sombre du fruitier et stigmatisés d’une étiquette rouge. L’occasion pour toi, travailleur pauvre, d’en pécho un maximum à prix discount. Et de ranimer le chasseur-cueilleur qui sommeille en toi vu qu’on est génétiquement prédisposés à se goinfrer de fruits en un temps rapide. Soit opportuniste. Ces kilos de pommes défraîchies te nourriront en compote pour la semaine, et ces toimg_20170215_102209mates feront des merveilleuses bolognaises/sauce tomate. Tu peux aussi te faire des pots massons/conserves en demandant à un québécois de t’expliquer la marche à suivre pour pas t’intoxiquer. Dans le doute lave, bouille, frit et cuit. Il n’est pas vraiment possible de se faire trop mal avec du végétal moribond (moisis=danger) vu les tonnes de conservateurs qu’ils foutent dedans. Par contre si c’est animal (viande, poisson et surtout fruits de mer) et que ça a a l’air en retour d’after méfiance voire fuite s’imposent.

 

Mais tu peux aussi pécho du gros! L’enseigne bulk barn propose de la « dry food » (aliments « secs » longue conservation) au poids en self-service dans ses nombreuses filiales. Pratique pour acheter juste ce qu’il faut d’épice, de farine ou de poivre au citron (ou bourrer les mômes de sucre à Halloween) sans faire de stock ni abuser du packaging. Tout n’y est pas forcement plus avantageux mais bon… Il existe une variante moins achalandée à Jean Talon : Vrac en Folie15133031164_67e46f26f1_b

  • Les supermarchés genre Cosco vendent à prix cassés des saloperies bourrées de sucre et de gras d’huile de palme (aussi appelée jus d’Orang-Outang pressé). Du véritable bouche artère qui fait un gros cul. Le cholestérol et le diabète sont endémiques en Amérique du Nord au cas où tu ne l’aurais pas remarqué en descendant de l’avion. C’est souvent un corollaire de la pauvreté car les trucs les plus répugnants (gras, sucrés etc) ne coûtent presque rien. Si l’on évite les petits épiciers bio péteux de broue, les légumes et fruits sont économiques s’ils sont de saison et qu’on va pas les acheter chez Valmont. Le fromage coûte cher, mais le Global Cheese de Toronto pratique des tarifs de demi-gros appréciables. Pour le poisson : des conserves de sardines (très avantageuses d’un point de vue nutritionnel) des poissons boucanés (excellents maquereaux fumés délicieux avec endives et moutardes) sans compter la morue salée du Nosso Thalo. Les Canadiens sont un peu chochottes avec les abats et du foie de bœuf d’Angus (la rolls-royce du bœuf) se monnaye 2 ou 3 $ la livre à l’occasion. Idem pour gésier, tripes et rognons avec des bonnes affaires à l’IPA. Le prix du cheval varie du simple (cad quasiment rien) au double suivant les quartiers. Pour parfumer un peu tout ça, direction Dollarama et ses épices à prix discount. N’essayez pas leurs conserves, elles sont horribles.
Gare à l’arnaque à l’étiquette : Au Canada on a pas l’obligation d’afficher le prix. Pire, les distributeurs ne risquent rien en cas de différence « prix à la caisse/prix affiché » à part appliquer le moins cher (qui est 100% du temps celui sur l’étiquette, car c’est du vol revendiqué). Si quelque chose n’est pas étiqueté, vous êtes libre de traverser l’hypermarché pour aller à une borne (qui ne marche pas une fois sur deux) ou carrément demander à la caissière de vous scanner le truc (en faisant râler la file d’attente). Puis de revenir à votre caddy reprendre vos emplettes. Ce n’est pas pratique, et c’est fait pour. Mon conseil est donc de ne pas acheter de trucs non étiquetés car c’est fait exprès, et toujours plus cher que ce que vous espérez. Ne les encouragez jamais à vous voler.
  • Tous les adeptes du dumpster-diving (ici un open map avec des pistes pour jouer au raton laveur) ne sont pas des radins ou des pauvres, certains le pratiquent par conviction politique et économique. C’est assez répandu à Montréal (jamais vu à Toronto) et des commerces jouent le jeu. Ainsi certaines franchises connues déposent leurs baguettes invendues devant leurs boutiques le soir. Il existe aussi des soupes populaires (dédiées ou non à certaines communautés), des épiceries solidaires sous conditions et des colis alimentaires mensuels dans les quartiers populaires. A vous de voir si vous pouvez ôter le pain de la bouche des locaux pauvres (vers Montréal Est et Nord la misère est terrible), et vous regarder dans une glace.

Quelques recettes

La bonne soupe d’hivers à Mamie Fennec

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Mamie Fennec (allégorique)
  • Une courge (n’importe laquelle on est pas raciste mais je préfère la butternut)
  • Un oignon, de l’ail
  • N’importe quels légumes d’hivers qui traîne en promo: Patate, Carotte, Navet, Oignon, Kale, Épinard, Haricots verts, panais etc etc PAS de Tomate qui va ruiner le plan avec l’acidité
  • Une pointe d’ail
  • Un corps gras type beurre, huile ou Jean-Marie-Bigard
  • Un bouillon cube dissous dans de l’eau
  • Un mixer
  • Optionnel: du piment émincé et un morceau de gingembre pelé et émincé de la taille du pouce

Pelez/lavez/épépinez ce qui doit l’être (gaffe la butternut c’est robuste et chiant à peler) et détaillez en morceaux grossiers. Faites revenir l’oignon, la courge dans le corps gras. Quand l’oignon devient transparent, versez l’eau avec le bouillon cube avec les autres ingrédients (si ils sont vraiment fragiles genre épinard ajouter une minute avant de couper le gaz). Une fois que tout est bien cuit, ajouter la pointe d’ail, laissez refroidir un peu et mouliner. Vaut mieux avoir une soupe trop épaisse et la rallonger que l’inverse. Une fois la soupe moulinée vous pouvez ajouter au choix du vin rouge, de la crème, un peu de lait entier, du fromage râpé éventuellement pour lui donner du corps. Avec une bonne tartine de pain grillé ça va vous revigorer. Ça se congèle super bien en portions.

 

Les pâtes « Luca Brazi » à la sicilienne 

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Bonu vinu fa bonu sangu!

 

  • des pâtes fines genre cappelini
  • de l’huile d’olive de très bonne qualité
  • un vieux guignon de pain tout dur
  • de l’ail coupé à la lame de rasoir (nah je déconne, c’est pour la private joke)
  • du poivre
  • une boîte de sardines ou d’anchois
  • Optionnel si ta fagnari I pizzu: du parmesan.

Émincez et broyez l’ail dégermé (moi j’en mets une tonne dans cette recette) explosez le pain pour en faire de la poudre (on appelle ça de la chapelure). Poivrez et pimentez le mélange pain-ail et ajoutez votre boîte de sardines (ou d’anchois) égouttées et broyée, ajouter l’huile d’olive et mélangez pour faire une sorte de purée. Cuisez vos pâtes al dente. Pendant qu’elles égouttent dans l’évier faites revenir très brièvement la purée de sardine/pain/ail dans la casserole séche (pas plus d’une minute). Puis versez vos nouilles égouttées sur le mélange et mélangez bien avec la purée comme si vous épongiez un parquet avec une serpillière. Servez aussitôt avec des copeaux de parmesan et un bon chianti. 

 

 D’autres plats de pauvre avec ce que vous trouverez en promo chez le fruitier: omelettes, gaspacho, tartines, curry de legume à la mijoteuse, haricots frits à la chinoise, Tofu MA/PO, moules à la bière façon belge, riz frit à l’Indonésienne. Oui j’ai un gros biais pour la bouffe asiatique, la faute à 5 ans passés là-bas.
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Allez avoue que toi aussi t’as déjà bavé en pensant à elles petit(e) dégelasse

 

 

Guide économique au Canada à l’intention des fauchés, des sous-employés et des radins.

Guide économique au Canada à l’intention des fauchés, des sous-employés et des radins.

Ça vous apprendra à croire les suppléments de l’Express sur vos compatriotes devenus millionnaires en 3 mois. Votre rêve canadien sent la moufette : passé la frénésie de l’installation, vous vous demandez comment vous allez payer vos factures. Pas de panique ! Ce guide va vous aider à gratter quelques piastres sans trop sacrifier à votre niveau de vie. Les conseils s’appliquent aux deux grandes villes où votre serviteur a vécu et galéré : Montréal (MTL) et Toronto (GTA).

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Les plus libérales des gazettes ne cessent de louer le Canada, merveille des possibles, infinité des grands espaces où Priscilla la Française de souche écarte les bras devant les skylines avec son petit drapeau.  Mais le Canada c’est bien plus que ça, genre Justin Trudeau qui pagaie l’air sérieux pour aller butter un orignal qui lui a mal parlé. Il y en a pour tous les goûts et le Canada « nouvelle superpuissance » c’est toujours une bonne occasion de s’entraîner au sport préféré des français: l’autoflagellation .
  • Les indications en noir comme celles-ci sont des considérations générales s’adressant à chacun.
  • Les commentaires en vert sont pour les lumpenprolétariens qui luttent le 5 ou 6 pour boucler leurs fins de mois. Si vous travaillez au salaire minimum, c’est pour vous.
  • Les commentaires en rouge sont pour les fauchés absolus et plus proches du guide du routard pour clodos

Notes : Ce guide ne s’adresse pas seulement aux pauvres mais aussi aux adeptes de la décroissance et les gens près de leurs sous que je saluent bien bas. Les prix sont sauf mention contraire en dollars canadiens, qui a tendance à danser la gigue niveau cours en ce moment.

Sommaire

Logement

Nourriture

Habillement

Télécommunications

Transport

Sorties

Services bancaires

Un dernier mot pour la fin : donnémangé sivoupléééééééé

Logement

Oubliez vos fantasmes néo-bobos de Friends et autres Auberge Espagnole : avec les différences de loyers entre quartiers, la colocation chez les hipsters n’est pas forcément plus économique qu’un bon vieux bail dans les quartiers nord. Et en plus ca laissera moins de vieux poils de barbe dégueulasses dans la baignoire. C’est même certain dans le plateau –le ghetto franco-porto de Montréal-, ou dans l’hypercentre de Toronto (où même les banquiers galèrent). Ainsi, une chambre minable des quartiers ci-mentionnés se monnaye par des marchands de sommeil dans les 5-650$ à MTL alors que pour moins on trouve des 2 ½, 3 ½ dans Rosemont/Frontenac/Anjou. Se méfier en particulier des propriétaires qui louent à la chambre. Idem à Toronto, où la banlieue reste nettement plus accessible. Voici pour les fauchés de Toronto un petit guide immobilier en anglais, avec présentation des quartiers et loyers moyens. Avoir un bail en bonne et due forme vous protège de l’expulsion locative suite à une sous-location foireuse ou un conflit/vol/incendies avec vos colocataire/proprios (plus fréquent que dans les films de Klapisch). Pour des questions de budget, comptez maximum 1/3 de vos revenus pour le logement (électricité et web inclus) sous peine de sévèrement sucer des cailloux. Demandez toujours s’il y a des puces de lit/cafards/milles pattes et vérifiez sur Internet ici. Si votre futur coloc ou loueur a des longues trainées rougeâtres sur les bras invoquez un rôti sur le feu et foutez le camp : les envahisseurs sont là. Pas mal d’arnaques aussi.

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Le salon/cuisine/pièce à vivre que j’ai partagé avec 4 étudiants chinois à Toronto. Au fond à gauche, ma piaule à 650 dollars. Ouaip, c’est ghetto. Petit détail moyennement intéressant: à force de croiser Leika chaque matin j’ai écrit une nouvelle sur ce cabot.
  • Une manière de concilier la stabilité du bail et les avantages de colocation consiste à louer à plusieurs un appartement. Vous serez parfois obligé de chercher en urgence un nouveau locataire si l’un d’entre eux s’en va sous peine de payer deux chambre. Les gens sont nettement plus respectueux quand on leur demande de payer à l’avance le premier et le dernier mois. La fausse bonne idée : Sous-louer et se faire son beurre sur vos colocataires. Ça finit toujours par se savoir, et personne n’aime vivre avec un connard. Attention, en Amérique du nord les droits d’un locataire sont limités.
  • Trop pauvre pour un loyer ou une coloc, et trop digne pour dormir dans la rue ? Hormis le squattage, il vous reste la possibilité de bosser gratuitement. Cette forme d’exploitation–le woofing- vous permettra comme Kunta Kinté de travailler dans un champ contre une paillasse et parfois un repas chaud par jour. Les auberges de jeunesse proposent aussi des programmes « travail contre toit » avec possibilité de draguer des touristes facil(e)s pour qui lutiner avec le personnel d’AJ est une forme de street-credibility. Gare à la cirrhose, à l’herpès et à la toxicomanie. Sinon il vous reste la bonne étoile à la chaude saison, bercés par le chant des moustiques et les câlins trop meugnons des Grizzly.
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Bien sûr Priscilla, tu es une aventurière. Mais il me faut pointer plusieurs faits de mes doigts mesquins et crochus.

1: Personne ne t’attend. Les Québécois ont en général leurs propres amis, et pas forcement envie de vivre avec toi Priscilla. Ceux assez aventureux pour risquer ze clash of civilisation le matin devant leur tasse de café peuvent être plus ou moins dysfonctionnels, toxicomanes ou tricard. J’en parle un peu ici, mais au final mes meilleurs colocs et de loin étaient un couple de français adorables et d’autres immigrants comme mon pote J du Maroc.

2: Pas mal de Quebecois nous croient riches.  La phrase préférée des proprios du plateau? « Je peux toujours le louer 100 piastres plus cher à un français ».

3: Si tu veux vraiment croiser les locaux, essaye de vivre dans une petite ville. Avec 60% de résidents nés hors Canada, les Canadiens d’origines se font rares à Toronto.

4: Les gens cherchent un coloc, pas à t’enseigner l’anglais Priscilla.  Leur patience a des limites, et reprendre ton wolestritingliche tout naze et réviser tes verbes irréguliers n’est sans doute pas leur priorité le soir en sortant du boulot. Mais tu peux toujours essayer de troquer des cours contre des bons petits plats ou des cours de français, ça fait moins schlague.

5: La notion de fun est culturelle. Voici quelques un des passe-temps de mes anciens colocs locaux: Jouer à l’équivalent de « Question pour un champion » comme mémé, Regarder Kerbal Space Programm en bavant, voler ma bouffe, faire la teuf le lundi soir toute la nuit, dealer de l’herbe, cacher le PQ, foutre le feu à la cuisine etc etc etc. Nous n’avons pas toujours les mêmes passe-temps toi et moi Priscilla, et les Canadiens aussi.

La suite: Se nourrir sans manger son poing.

Viens chez moi j’habite chez une copine

(Pour se mettre dans l’ambiance)

Se faire plaquer par SMS c’est pas top-top. Se faire expulser d’un logement qu’on paye en pleine trêve hivernale, c’est abject. Mais se faire plaquer et expulser par SMS c’est le pompon…

Je songe à ça en dégageant ma quatrième piaule à Montréal en 10 mois. Sidéré par la quantité de conneries que j’ai réussi à accumuler.

Que de souvenirs.

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L’hygiène, base de toute colocation réussie.

Après avoir connu la maison Thénardier à Frontenac, puis la recherche de colocataire printanière j’ai atterri au xxxxxx St Joseph. En sous-location. Des colocs plutôt sympas, perpétuellement en soirée.

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Oh Jammmin’!

Jusqu’à ce que je trouve un travail comme cantinier, c’était plutôt rafraîchissant. Mais se lever à 6h du matin pour affronter une horde de mômes-Gobelins aux portes de Mordor après une nuit bière-banjo-conversations politiques, c’est trop. La légitime propriétaire de la chambre, une sorte de sorcière étasunienne est revenue, et moi j’ai aménagé au xxxxxxx+100 St Joseph.

Là j’ai eu droit à des quadras endurcis, voire fossilisés. Il y avait Ray, un ancien crackhead (fumeur de crack) un peu clodo. Le plus sympa, le plus fondu. Ray a des séquelles. Ray parle tout seul avec moi. Je prétends une omelette sur le feu et m’esquive. Je rentre de soirée plus tard. Ray est là, il m’attend dans le couloir mal éclairé. Il reprend sa conversation là où il l’avait laissé.

Il y avait aussi x, le fumeur d’herbe obsédé par son cholestérol qui se fait des bons petits plats sans gluten et laisse la cuisine dans un état proche de l’insurrection Makniste. X a plein d’amis fumeurs d’herbe qui viennent le voir, parfois avec leurs trop jeunes enfants qu’il me faut surveiller pour pas qu’ils avalent des mégots dans le cendrier. Du Ken Loach.

Il y a aussi 3 chats. Et zorro, le pépère de la maison. Zorro, le chat névrosé et négligé qui pisse dieu sait où (mais jamais dans l’appart). Il est hanté par la peur de mourir de faim pour causes de maîtres abrutis. Ce qui ne l’empêche pas de partager ses croquettes avec deux matous squatteurs et sauvages.

Zorro me regarde souvent d’un air triste… Et pousse un miaouh plaintif aux airs de « pourquoi ? ». Il adore que je m’occupe de lui et il s’impose dans ma chambre quand j’écris en écoutant du jazz, malgré mon allergie.

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Ma chambre est un long salon mal meublé avec un lit en fer forgé d’hôpital psychiatrique qui grince, elle donne sur la rue. Sur cet axe majeur menant de la discothèque à la banlieue-dortoir les jackys aiment faire péter les kilowatts de leur Hyundai customisée.

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Je change de chambre et récupère un placard moins bruyant mais plus précaire à 60 dollars la semaine. C’est à peu près à ce moment que je commence à fréquenter sérieusement une compatriote.

Chez mon ex, un appartement d’angle baigné de lumière, une rareté à Montréal

Je décide peu de temps après d’emménager chez elle. Puis m’exile à Toronto un mois, elle passe me voir, trouve un job à Toronto pour Janvier. Je la visite à Montréal, trouve un job pour Décembre. Nos trajectoires se séparent. Elles ne se rejoindront jamais. La cohabitation sera agréable avec des brusques flambées de crises conjugales. Je récupère sa chambre que je lui sous-loue alors qu’elle fonce vers Toronto et un poste à la télé. Je me retrouve bientôt affligé d’une abominable colocataire lesbienne et sexiste. Une amie de A, mon ex. Le genre homme-o-phobe.

SMS : rupture/éviction sous quinzaine. Ne passez pas par la case préavis.

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Ne jamais dépendre du bon vouloir d’une femme, je songe en rangeant la piaule. J’y repense en regardant ma courte vie québécoise étalée dans des sacs de bledards en vinyle bleu. Avec des sangles qui vous font saigner les mains quand la charge dépasse 10 kilos. Heureusement, mon pote Gwen a accepté de m’aider à bouger mon barda.

Ma nouvelle villégiature a tout ce qu’il faut là où il faut : au croisement d’une rue très commerçante et animée. Colocataire tunisiens musulmans croyant (c’est-à-dire respectueux). Mais modérés (c’est-à-dire pas curés). Geek, c’est-à-dire fibre optique et accès illimité au salon vu qu’ils jouent en ligne 12/24). La chambre est plein sud, côté rue, lumineuse. Meublée, sans punaises de lit (un fléau en Amérique du Nord).

Le bon plan. Je propose de payer cash, on me répond que demain c’est Okay.

Les clefs dans la poche je vais décompresser d’une semaine à courir partout pour chercher une piaule. Soirées années 80. J’aligne les bières, je danse avec des filles. Et je rentre guilleret en fredonnant Nighboat to Cairo de Madness.

C’est la fin de la scoumoune.

 Et même si dehors il fait moins 38 et qu’il a neigé un quart de mètre c’est le sourire aux lèvres que je regagne mes pénates en footing car c’était la pire nuit de l’année. Je m’affale dans le lit. Et là je réalise.

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Le moment précis où S la végan réalise qu’elle joue  avec une peau d’animal mort

J’entends tout. Les ivrognes qui brament comme des porcs devant le fastfood en dessous. Le rire de gorge de la femme saoul qui essaye de se faire remarque. Les querelles de clodos, la sirène des flics. D’autres ivrognes qui s’esclaffent.

Même avec un oreiller sur l’oreille, et des bouchons dans les oreilles. La nuit se passe à entendre s’interpeller les petits bourges de Paris du plateau qui se prennent pour des racailles.

Je finis par m’effondrer, épuisé. Une heure plus tard je me réveille la bouche pâteuse, en sueur. Je titube vers le radiateur, cherche le variateur. Ne le trouve pas.

A 7 heure du matin, je suis crevé et en sueur. Commissure des lèvres desséchée, ma langue, une chaussette raide dans la bouche. Température unique. Pour passer sous 26 il faut ouvrir la fenêtre et laisser rentrer un peu de gueuleries d’ivrognes et d’air glacée.

–          Je pense que je ne vais pas pouvoir rester, je n’ai pas dormis. C’est quoi le problème avec votre radiateur ?

–          Ah ? Il a pas de variateur…

–          Je vais vous payer pour ce soir, mais ça ne va pas être possible. De rester.

–          Ok

Il est 8 heure de matin, je dessaoule et je n’ai pas dormis. Je sais que la patience de mes hôtes a des limites. Il faut que je trouve une chambre aujourd’hui, ce samedi fin février. Avant le gros dossier de Lundi au bureau.

Avec ma tête de déterré je fais peur aux proprios. Je rappelle les anciens tauliers dont j’ai visité les apparts, en visite deux autres. Finalement je tombe sur un logeur qui loue des chambres à temps plein, dans trois apparts.

Épuisé, j’accepte cette chambre sympa mais trop chère.

Cela fait un mois -déjà- que j’occupe l’endroit. Deux salles de bain, des voisins étudiants avec un sound-système à décorner un boeuf. Mes colocs? Un couple français, deux belges, une stagiaire.

C’est mon 5eme appartement en moins d’un an. Et bientôt il me faudra partir: mon permis de travail s’achève.

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Home sweet home (CIRCA 04/2015)

Comme mon logis est occupé jusqu’à 2016, je pense que d’autres appartement suivront…

Crimes et châtiments (partie 2)

(NDF: Les titres de paragraphes mènent à des chansons)

Tonz of guns 

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Cet homme porte une affiche contre le meurtre d’un homme par la police. Arrêté car il était suspecté de vendre des cigarettes, Eric Garner est mort étouffé. Sur la vidéo prise par un passant on le voit suffoquer et demander de l’air. La devise de ses assassins ? Courtoisie, professionnalisme, respect…  C’était alors il y a une semaine[1]. Sa mort a choqué la communauté noire, mais aussi la frange libérale de la population qui n’a jamais oubliée la vague de morts suspectes de l’ère Guliani.

  • Si tu somnole dans le métro la Police va t’arrêter et te tabasser, ACAB bro[2]. Il faut contrôler ces batards.

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Quelques mètres plus loin, je passe devant la cours d’appel. Le bâtiment sombre et menaçant a des airs de donjon médiéval.  Alors que je te photographie un bus carcéral qui fait la navette avec Rikers Island (la prison de l’Etat où a séjourné DSK); je surprends une conversation aux marches du palais entre deux afros américains qui me glace le sang.

  • Et là boum, boum. Deux dans la tête.
  • Mec c’est brutal !

La superposition des deux scènes me trouble. Est-ce la rue qui est violente à cause de la police, ou la police qui est violente à cause de la rue ? S’armer pour se défendre dans son quartier et finir buté par la police pour port d’arme? Est-ce une de ces contraintes mutuelles, un de ces « double-bind » de l’école de Chicago qui poussent les hommes à la folie ?

Thirty pro musicians and not a single Italian 

Je sens l’odeur lourde de poisson pourri de Chinatown monter alors que je progresse sur la 6eme. Une Mama San chahute gentiment avec un afro-américain bourré.

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Des stands qui vendent des longuans et des djiaozi. La senteur délicate de tofu de la Chine éternelle. Et tout et tout (rires en boite).

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On va la jouer court sur Chinatown car j’ai déjà amplement parlé ici même de la Chine, de sa culture et de ma vie là-bas.

Contre toute attente le Chinatown de New York est inintéressant, extrêmement sale et minuscule. Même chose pour Little Italie, sorte d’équivalent ultra-touristique de la rue Saint-Michel qui surfe sur l’image du « Parrain » tout en hurlant à l’anti-sicilianisme primaire dès qu’on prononce le mot « mafia ». Du folklore aseptisé qui n’a pas la saveur de Palerme ou de Chongqing.

Va fagnari I pizzu, je pense… 

Et comme les gangsters modernes je me tire de Little Italie, direction Wall Street…

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Little Italie est devenue à la mafia ce que le Puy-du-fou est au moyen-age.

Yes I speak english, Wall street english

Je me laisse porter comme un planeur par le courant chaud des touristes le nez en l’air . Le mouvement « Occupy wall street » a marqué les élites étasuniennes. Fin septembre 2011, des manifestants occupent la fameuse rue pour protester contre un capitalisme devenu fou et cannibale. Et de s’autoproclamer les « 99% » rappelant à l’ordre les 1%. Le terme cible quelques milliers de personne : L’aristocratie de l’argent symbole d’avidité morbide.

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Ces banques qui essuient leurs pertes avec des fonds publiques. Et qui réclament et manquent d’obtenir l’immunité légale pour l’argent.  Ces foreclosures (expulsions) qui plongent des familles entières dans la misère et la rue. Ce chômage qui enfonce lentement mais inéluctablement la première puissance mondiale dans la récession. La crise, paradoxalement jumelée à des bénéfices record des corporations.

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Le délégué syndical qui tend des flyers face à Mickey a des revendications de gauchiste: être payé pour son travail, par exemple.

Malgré le quasi-embargo médiatique (le même que celui qui frappe l’Espagne actuellement) le monde retient son souffle : les Etats-Unis sont-ils à l’aube d’une révolution non-violence ?

 Le mouvement fera des émules un peu partout dans le monde. Avant d’être brutalement réprimé par la police de New-York en entrainant des milliers de blessés dans les forces de l’ordre et les manifestants.

Depuis, Wall Street est à l’image d’un capitalisme critiqué, replié sur lui-même et en quasi-état de siège. Des herses métalliques bloquent l’accès à la rue. Les flics omniprésents s’ennuient tellement qu’ils posent pour les japonais et les chinois de bon cœur entre deux bâillements contenus.

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Les 1% liés au parti républicain ne tarderont pas à compenser leur perte d’image en récupérant un mouvement réactionnaire, poujadiste et anti-Etat : le tea-party. Dès lors le but sera d’opposer à la colère contre les banques, une colère contre l’état fédéral et l’impôt. Blâmer Obama mais pas Paulson. Le capitalisme entre ainsi dans la phase terminale de son dessein totalitaire: la mort de la démocratie.

Deux projets de sociétés. Irréconciliables. Steinbeck contre Randolph Hearst. Mais l’épicentre s’est déplacé. Désormais on prône le libéralisme dans les campagnes, et le socialisme dans New York.

Les temps changent. Pas les hommes.

(La suite ici)

[1] L’affaire a connu des rebondissements depuis… Par exemple on a découvert qu’un des policiers en était à sa deuxième affaire d’abus de pouvoir.  ce qui n’est pas étonnant: aux Etats-Unis 9% des policiers totalisent 75% des plaintes pour abus de pouvoir et violence (source: Criminology by Tim Newbur)

[2] ACAB : ALL COPS ARE BASTARDS. Tous les flics sont des enculés. Le slogan des punks, anarchistes et alters souvent violemment opposés aux forces de l’ordre. Il existe une version plus « policée » : Tous les flics sont brutaux

New york blues (partie 1)

(Note du Fennec: les intertitres sont tous cliquables avec de la musique)

 

Prologue 

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Le bus est plein d’afro-américains. C’est la raison pour laquelle ses passagers passent trois plombes à la frontière. Pas d’arrêt au duty-free. Interdiction d’allumer son portable. Ne pas s’asseoir. Ne pas sortir fumer. La feuille verte me demande si je suis Tony Soprano ou un nazi en cavale. Coup de tampon sur le passeport.

La route reprend, des forets à perte de vue. Et des biches sur les accotements vallonnés de l’autoroute délabrée.

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Albany. Le chauffeur s’excuse pour le retard. Et, en accélérant sur le parking délabré, de lancer d’un air facétieux:

  • Prochain arrêt Mi-ami !

Le bus rigole. Il a prononcé Miami comme si il était en train de nous tendre une tequilla dans un strip-bar, avec sa voix à moustache de Porto-Ricain paillard.

I want to wake up, In that city that doesn’t sleep.

New York on a l’impression d’y revenir, jamais de la découvrir. Le cinéma, l’art, la littérature et le musique ont fait de la capitale culturelle et diplomatique de l’humanité une présence familière. On a tous tutoyé son béton. En lisant Hubert Shelbi, Dos Pasos, Burroughs, Kerouac, Miller, C Clark. En regardant Stanley, Woody, Daren, Francis Ford, Martin. En fredonnant Lou Reed, ODB, Method, Immortal, les Pogues, Patty Smith, Guru.

New York. À mi-chemin entre l’amie imaginaire, la sensation de déjà-vu et la salope qui ne répond jamais au téléphone.

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Oui, je n’ai pas été long à te tutoyer ma grosse pomme.

Je retourne à New York. Et dire que je n’y avait pas mis les pieds depuis au moins une bonne semaine.[1]

Le chaos poisseux gainé d’orange fluo de la gare routière à 10pm. Ma trajectoire balistique vise une douche froide à l’hôtel quelque part sur ma cible, une carte du métro. Elle esquive les nuées de New Yorkais grâce à la technique ancestrale de l’heure de pointe du RER. Mon cerveau a enregistré subliminalement le trajet et me voilà tantôt perdu. Puis par miracle au bon arrêt à Brooklyn. La rue Varet s’arrête au 87 et mon adresse est au 249. J’interroge deux flics en pause clope, au coin d’un « project », une cité HLM.

  • La route traverse ce block qu’ils me répondent dans cet accent assez atone typique.
  • C’est moi où ce quartier est un peu craignos ?
  • Non c’est sûr, sauf pour le bloc que tu vas traverser. Là y a beaucoup de drogues et un gang. Un mec s’est fait tirer dessus aujourd’hui.
  • C’est encourageant…
  • (Rigole) Non, ne t’inquiète pas ils nous ont vu alors ils te tireront pas dessus ce soir.

C’est peut-être pas le genre d’endroits où être vu taillant une bavette avec les flics, je songe.

Les tours sont séparées par une allée au milieu de laquelle la ville a posé un projecteur lumineux surpuissant pour éloigner le deal et conjurer ces gosses acculturés dans les ténèbres. A la frontière, dans la pénombre, je devine des yeux qui me regardent d’un banc en face. Je presse le pas.

Ma guest-house est une usine en briques rouge, une auberge de jeunesse de luxe avec écran plat de ma taille, canapés confortables et cuisine équipée. Elle est situé dans un quartier désaffecté de Brooklyn de moins en moins coupe-gorge où une colonie de Bo-beaufs à chemises à carreaux a élu domicile. Les distributeurs y vendent des valves pour vélos et des chargeurs pour Iphone. C’est un ghetto hispter.

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The black angel’s death song

Je descends Tribeca sous le soleil de plomb. Par hasard et par instinct je m’approche de la plus haute des tours. Plus tard un coin de rue, des hommes menottés par les flics face à un mur et un énorme chantier. La zone est bouclée et seul un mince passage permet aux piétons de faire le tour pour atteindre le mémorial du 11 septembre.

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Deux trous, deux fossés où s’écoulent de l’eau en cascades à l’emplacement même du site du meurtre de 2973 civils. Les noms des victimes sont gravés et une rose blanche est parfois accrochée sur un nom. Le musée de l’attentat est derrière mais son prix élevé (40 dollars) et l’interminable file d’attente me dissuadent. Un arabe énervé s’éloigne avec sa femme voilée en pestant, sans doute influencé par une théorie conspirationniste. Je reste le temps de vérifier un détail.

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Il n’y a pas une ligne, pas un mot ni un regard sur les victimes collatérale de la colère américaine : mariages afghans vaporisés au drone, chauffeurs de taxi torturés dans des geôles sordides et autres oublié de la sale guerre qui suivra. Aujourd’hui l’Afghanistan est sur le point de redevenir Talibane, et l’Iraq est un califat. Peut-être est-ce pour cela que cet homme est en colère. Une fresque en cuivre rend hommage au très lourd prix payé par les pompiers. Mais rien n’évoque l’épidémie de cancers mortels qui 10 ans après touche les secouristes, parfois des simples citoyens poussés par l’urgence.

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Cinq cent mètres plus loin, le musée des amérindiens. On y hésite dans une valse-hésitation permanente entre  devoir de mémoire du carnage et promotion exacerbée des bienfaits de l’American Way of Life. Parfois de manière grotesque, quand les américains se proclament inventeurs de la liberté et nient le siècle des lumières qui a animé « leur » révolution.

« Les peuples oublieux sont condamnés à revivre leur passé » disait mon prof d’histoire.

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New York a la mémoire sélective et l’héroïsme à géométrie variable.

Et on peut voir s’échapper de ses absences oublieuses les âmes damnées des morts à venir.

(La suite ici)

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[1] En regardant Ghostbuster 2.

… et bon appétit bien sür

Suite de « c’est vrais qu’ils mangent du chien en Chine? »

L’insolite

–          La Chèvre. Oui la chèvre se mange. Est-elle bonne ? Bof. En curry ça passe.

–          La grenouille. Ou le crapaud-buffle. Les chinois ne mangent pas les cuisses : ils mangent tout. C’est dégelasse. Vraiment. En plus vu l’état des rivières en Chine, c’est toxique car Kermite respire (et urine !) par la peau.

–          L’écrevisse. Pas mauvais. Mais si vous comptez la décortiquer vous passerez pour une chochotte doublée d’un cuistre. Les chinois gobent tout et recrachent une boule de cartilages. Comme les hiboux.

–          Les morceaux pas habituels. Alors il y a les pieds de poulets fermentés (pas bon) ou de cochons (impossible à manger si vous n’êtes pas un virtuose des baguettes) les oreilles de cochons (cartilagineux à mort). La  crête de Coq (morceaux de choix répugnant)  les tripes de porc, de bœuf ou de mouton (variable, à manger grillé croustillant et chaud de préférence). Le visage de cochon. Les testicules de poulet (ça passe jusqu’à ce que votre dent morde dans ce truc : la veine au milieu).

Les pénis d’animaux : Un restaurant à Pékin ne sert que ça, du chien (voir plus bas) à l’âne. Un expatrié french ambivalent s’est un jour lancé dans un exposé sur les mérites de cette viande. Et de conclure en roulant des yeux de folle « la bite d’âne c’est trop bon, tu devrais tenter».

Pénis d’âne

Comme il est impossible de savoir si il parlait de Ron Jeremy ou d’un bourricot je vous laisse essayer. Il y a peu je suis tombé sur une cassolette d’ovaires de porcs et de mouton en Thailande : j’ai pas osé. La cervelle de proc se mange aussi en fondue chinoise à Chongqing. Un jour un pote a voulu faire le malin et en a commandé. On lui a apporté un genre de petit porte-manteau pour accrocher un lobe pendant que l’autre trempe, afin de sortir la cervelle plus facilement avec des baguettes. D’après lui, c’est la chose la plus répugnante qu’il ait jamais mangé. Et vous feriez mieux de le croire : il est italien.

–          Le bœuf Waggyu : Imaginez un bœuf qui sort de l’université des bœufs. Non je ne parle pas de Mickael Vendetta à. On lui fait des massages à la bière pour qu’il soit en forme, on lui file des herbes sauvages cueillies à la main. On lui chante des chansons de Bjork pour l‘endormir. Puis un beau jour, sous prétexte d’aller voir une représentation de Pucini en ville, on l’isole et on lui file un gros coup de maillet sur la gueule en chantant des trucs cruels car japonais. La viande est incroyable. Ca fond dans la bouche comme une Hagen Dasz. Pas besoin de mâcher. Se mange cuit bleu ou carrément cru en lamelle. Ça coute les yeux de la tête mais il y a plusieurs qualités. Le bas de gamme est accessible à nous, les pauvres.

–          Le cochon impérial. Prenez un porcelet tout mignon tout plein. Maintenant, tabassez-le. Pendant un mois. Une fois que Babe n’est plus qu’une croute vivante, égorgez-le et massez-le au miel avant de cuir. La peau croustillera et il parait que c’est à la base comme ça qu’on faisait la viande laquée. Pour être aussi cruel il faut être chinois et cette préparation vous vaudra 6 mois de taule bien méritée pour cruauté envers les animaux chez nous. Quel dommage que ce concept n’existe pas en Chine.

Le bizarre (arrêtez de lire ici si vous êtes TROP sensible)

–          Chauve-souris : Pauvre petite bête. Déjà ya pas grand-chose à manger, ensuite les os (parfois utilisés pour jeter des sorts) sont aussi traitres que ceux du poulet. J’en ai vu grillé et j’ai eu peur.

–          Le poulpe (vivant). Vous avez vu old boy ? Le poulpe se déguste vivant en Corée. Ce qui m’inspire deux remarques. Un c’est cher. Deux c’est extrêmement dangereux car il arrive parfois que ce charmant céphalopode se bloque dans l’œsophage et étouffe le gastronome. Les moins téméraires qui désirent cependant faire souffrir ce brave animal se contenteront de le jeter vivant dans un bouillon au Kimchi (voir plus haut) brulant et de le découper aux ciseaux (sinon avec les baguettes c’est dur) avant de le manger.

–          Crocodile : En me promenant dans une allée de Canton j’ai trouvé un étal qui vendait du crocodile vietnamien. 10 euros plus tard et le cuistot coupait au hachoir une patoune . Une heure plus tard (la cuisson semble longue) on m’a ramené un truc qui ressemblait à du poulet avec une peau épaisse comme du cuir dans une sauce à la cacahuète. Pas terrible. Deux jours plus tard j’ai eu la plus abominable intoxication alimentaire de ma vie et j’ai passé une semaine à suer et à vomir. Coïncidence ? Je ne crois pas : méfiez-vous des crocodiles.

–          Serpent : Une viande très fine avec la consistance de l’anguille. Les Hong-Kongais la vendent cher dans une soupe en hivers revigorante qui ressemble au potage à l’œuf pékinois. Spécialité du restaurant Ser Won fun. A essayer.

Assortiment de larves

–          Insectes : Typique du Yunnan, de la Thaïlande du nord et du Laos. Se mange frit puis trempé dans du poivre sichuan (Chine) du piment (Thailande) du vinaigre (Laos). C’est comme la friture : délicieux brulant, dégelasse froid. Les larves d’abeilles ont encore le dard et le venin picote la langue. Pareil pour le scorpion, qui lui est parfois servis en brochette. Pour commencer, mieux vaut une bonne vieille sauterelle (ca cronch-cronch) qui bizarrement fait moins peur. Les vers à Bambou se déclinent en trois variété : minuscule genre asticots, maousse de la taille d’une allumette et monstrueux comme mon index. A l’extérieur ça fait papier mâché et à l’intérieur comme un genre de brandade de morue. On sent le « bec » là où est la tête. C’est bon, plein de protéine. Aussi disponible : Mygale (pas essayé mais faut la décortiquer), cafard, cigale, larve de libellule (succulent) et libellule.

–          Holotrulie : Je crois que c’est le truc le plus répugnant dans cette catégorie (mais attendez de lire la suite). Avez-vous déjà vu ces espaces de gros cacas noirs sur les rochers en faisant de la plongée ? bah c’est ça. L’holotrulie projette ses intestins sur ses proies pour se défendre. Certaines sont fluo et mortelles. Les cantonais les vendent une fortune (on parle de 2000 euros les 100 grammes là). Les Italiens se font des baloni en or car eux, ils trouvent ca crade et ils les exportent.

La soupe « Bouddha saute par-dessus le mur »

 Ils rentrent dans la composition de la fameuse soupe « Bouddha saute au-dessus du mur ». Le nom vient d’une légende chinoise : Trois jeunes moines végétariens surprennent un pécheur qui se fait une soupe au bord de la mer avec plein de choses (fruits de mer, œuf de caille, holotrulie, tofu, eau de vie etc  etc : 45 ingrédients au total !) dedans. Comme ça sent achement’ bon ils en demandent. Arrive le moine en chef qui les enguele pour avoir brisé leurs vœux karmiques en mangeant des pauvres tits animaux qui projettent leur tripes sur les langoustes . Mais le pécheur, pas beguel pour un sous, lui offre aussi un bol. Et le vieux moine ravis de dire « avec un fumet pareil même bouddha aurait sauté au-dessus du mur du monastère pour en manger ». Le nom est resté. Ce n’est pas du gout des Coréens qui interdisent de nommer ce plat ainsi, le jugeant blasphématoire. Comme quoi ya que les Lyonnais et leur « ptit jésus » qui déconnent avec la religion. Si cette soupe est bonne ? A 100 euros minimum le bol, je n’ai pas eu l’occasion de tester.

Homme préparant du chien

–          Le chien : Oui j’ai mangé du chien. D’abord pour me la péter dans les soirées en ville, et puis après pasque c’est bon. Faut dire que je n’aime pas trop les chiens, je suis plutôt chat (et ça j’en ai jamais mangé, je suis allergique et c’est cruel). Les coréens et les chinois en mangeaient mais la pratique se perd car les jeunes trouvent ça glauque (un peu comme pour le cheval chez nous).  Les meilleurs chiens sont d’élevage, un peu comme des moutons qui japperaient de joie en vous voyant. Mais le kidnapping de caniche se pratique aussi. Le gout évoque le bœuf mais en bien plus gras et plus fort. Souvent préparé très épicé : c’est un plat médical pour les hommes plutôt âgés (problèmes musculaires). On ne voit pas beaucoup de chiens dans les rues en Chine. Pour rappel, les bouchers canins existaient chez nous (les français donc) jusqu’au front populaire. Les mentalités changent et de braves grands-mères pékinoises ont récemment mis en déroute un macabre convoi à coup de… parapluie. La plupart avaient encore leur collier… Cette viande pourrait à terme être interdite. Variante mongole : le loup.

–          La civette : Alors déjà il y a ce truc incroyable : Le civette coffee. Prenez une civette (un genre de loutre/chat/furet qui vit dans les arbres d’Asie) et nourrissez-la de grains de café (elle fera la gueule et sautera partout mais bon…). Ensuite récoltez ses crottes et faite un bon café avec. Il parait que ça a un gout de chocolat. Comme personne ne chie dans mon café moi vivant, j’ai esquivé (oui, je suis un peu chochotte). C’est cher -20 euro la tasse- et très prisé dans les malls asiats’. Plus hardcore, mangez la civette elle-même. Et crevez… On sait aujourd’hui que la civette palmée est à l’origine de l’épidémie de SARS dont elle est porteuse saine. 5000 morts : Ça t’apprendra à manger des tites bêtes aussi mignonnes.

–          Le chat : Pauvre chat angora qui ronronne dans sa cage en attendant la mort. Le chat était consommé chez nous pendant la guerre et ça aurait un gout indissociable du lapin selon Mamie Jeanne… Alors pourquoi becter gros minet quand vous pouvez frire cet enculé vantard de Bugs Bunny ? Non vraiment ?

–          L’ours : L’ours-lune est petit et noir. Il se mange cuit à la vapeur même si l’espèce est menacée. La patte gauche aurait notamment des vertus. Le supplice des ours dont on extrait la bile à des fins médicales s’achève souvent par une assiette. Autres grands gibiers : Tigres, Éléphants sauvages blancs, Cerfs (on revient toujours au chevreuil de son enfance).

–          La baleine : Une spécialité japonaise. Pour assurer une nouvelle génération de psychopathes, le gouvernement du Honshu en sert dans les écoles. Ressemblerait à du thon gras.

–          Le Panda : Naaaaaan je déconne. Déjà yen a plus assez et ensuite tuer un panda et/ou le manger est passible de la peine de mort en Chine. Faut dire que c’est un peu leur mascotte nationale. Vous imaginez les Anglais griller du Bouledogue ou les Français cuire du Coq dans leur Vin ? Ça n’aurait pas de sens non ? Le Panda pourra donc continuer à crever lentement par manque de libido.

Le trop atroce (arrêtez de lire ici si vous êtes sensible)

Alcool erguotuo fermenté avec des coquilles de fruits de mer, et, si vous regardez attentivement, un petit singe fossilisé. En tout cas j’espère que c’est un singe…

–          La cervelle de singe : On lui ouvre la boite crânienne et on y plonge une cuillère, vivant. C’est interdit partout mais ça se pratique entre millionnaires. Les indonésiens mangent aussi de l’Orang-Outang (homme des bois en Barasa), ce qui est atroce car ce primate a 99% de gènes en commun avec nous et l’intelligence d’un enfant. D’un autre coté il arrive que des Orang Outangs violent des paysannes dans les bois.

Soupe de placenta de Renne (Mi lu)

–          Une de mes amies m’a un jour expliqué que sa tante travaillait dans une maternité. Alors, pour faire plaisir à son homme elle lui ramène parfois un bon vieux placenta humain (et son cordon ombilical) pour le faire frire dans de la sauce de soja avec de la ciboulette. Les femmes enceintes mangent aussi parfois leur propre placenta pour se ressourcer après l’accouchement, comme les lapines. On appelle ça l’autophagie (ou cannibalisme de soi-même). Nous, on l’utilise bien pour se le tartiner sur la gueule (cosmétiques) ou la thérapie génique.  Rétrospectivement, c’est le meilleur moyen avec le sexe oral de manger de l’humain sans être cannibale. Ce qui nous amène au taboos des taboos.

–          L’humain . Le cannibalisme est une tradition en Chine. Surtout dans le Hunan. Il existe des livres de recettes de viande humaines millénaires. Elles peuvent être adaptées au porc. La grande famine a entraîné de nombreux cas de cannibalisme et les paysans déterraient les morts pour les cuire et les manger. Plus récemment, des cas ont été rapportés en Corée du Nord. Dans les campagnes, il arrive que des fœtus pleinement développés (l’avortement est autorisé tout le long de la grossesse en Chine) soit cuisinés et mangés en soupe. Le gouvernement chinois arrête systématiquement les contrevenants quand il met la main dessus. Mais des histoires de ce type font régulièrement surface et horrifient les chinois urbains comme les touristes.