5889bda4184d75eeb7cdf75beb17de81

Le monde se divise entre plein de catégories de gens. Par exemple, ceux qui te font un festin avec 3 navets, et ceux qui foutent le feu à la cuisine en faisant une omelette. Si vous appartenez à la première catégorie, vous disposez là d’une compétence inconnue de la plupart des cuisiniers de cafétérias du Québec (ouais, c’est un peu dégelasse et gras). Mais ça se change et la cuisine c’est facile une fois qu’on a choppé le coup. Ça prend un peu de temps mais c’est du temps social, où tu peux causer avec tes colocs en pelant des légumes, ou alors sortir au marché avec ta blonde.

Si vous avez la flemme de lire tout (ça serait bête je me suis cassé le boule à l’écrire) l’idée se résume en deux concepts : éviter les grandes chaînes pour les indépendants et cuisinez vous-même votre propre bouffe plutôt que de baffrer du tout fait! Rappel: c’est la deuxième partie d’un guide qui commence ici.

Bannir la grignote nécessite un effort de fond qui paie en santé et en économies. Votre serviteur aime particulièrement se faire une bonne grousse marmite de plats en sauce bien piquants portionnés en doses journalières dans des tupperwares qu’il suffit de congeler. Bœuf bourguignon/curry de poulet/rougaille-saucisse/ratatouille agrémenté suivant le gout du jour de féculents tels que patates/riz/pâtes/semoule/quinoa.

11921815686_52a7e1c076_q

Fascinant autocuiseur. On a tous un féculent préféré. Moi c’est le riz. Voilà pourquoi je possède un autocuiseur. On en trouve à moins de 20$ (parfois moins de 10) et ils permettent de faire du riz sans le louper en 15 minutes chrono quand on rentre la dalle au ventre de soirée. Efficace aussi pour les lentilles, la Quinoa, les raviolis et toutes sortes de poissons qui se cuisent à la vapeur. On trouve même des recettes pour cet instrument miracle. Pour le nettoyer, tu laisses tremper dans l’évier une nuit et tu nettoies à l’esponge non abrasive. Cousin bourgeois de l’autocuiseur : le crockpot ou mijoteuse, tu mets tout les ingrédients dedans et ça cuit 8 ou 12 heures à super basse température. Comme ça tu pars bosser et t’as un bourguignon au retour sans foutre le feu à la maison ni cramer au fond.

L’été c’est la saison des salades (tomates/kale/laitue/lentille) et l’hiver des soupes moulinées (carottes/navets/choux/et toutes ces citrouilles/courges délicieuses). Soyez attentifs à l’aspect/date limite de consommation du produit et des conditions de stockage, j’ai vu des taboulés gonflés dans des frigos défectueux (clostridium)  et je connais au moins deux supérettes qui éteignent les frigos la nuit, à Montréal, et Toronto. Pas moyen d’écrire où mais en inspectant la gueule des surgelés on se fait une bonne idée en général.

Le bal des vautours : Quelques enseignes de grande distribution

Loblaw/Provigo No Frills Maxi Metro Wallmart IGA Cosco
En un mot Vaste choix de trucs trop chers. Le hard-discounter en bouffe grasse et sucrée douteuse hors Quebec Loblaw des pauvres, Mammouth écrase les prix Du vol patenté avec des promos intéressantes sur la viande Premiers sur les prix, derniers sur le droit du travail La chaîne bien-de-chez-Québec Là où les obèses pauvres achètent leur diabète
Prix $$$ $ $ $$$$ $ $$$ $
Choix/Qualité JJJ J J JJ J JJ JJ

Manger des trucs bios sains est possible au Canada, mais nous sortons là d’une optique budget. C’est un choix de vie qui se monnaye (et pas qu’un peu). Si vous êtes diététicien/expert en agroalimentaire etc et souhaitez que j’écrive là dessus quelque chose, contactez-moi.

img_20151005_203310413
Festin pour fêter le têt (nouvel an Viet) à Toronto. A force de vivre à Chinatown… à gauche un bouillon de gingembre/citron vert, une salade de champignons froide, et une salade de poulet thai. Budget: 10 boules.

Pour vous procurer tous les ingrédients, direction le plus proche quartier ethnique. Si vous habitez sur le plateau, je vous recommande chaudement Seagals’ (en bonus pas mal de trucs bio à pas cher) si vous arrivez à supporter les beaufs qui vous foncent dessus en caddie dans les allées larges d’un mètre. Ou alors le PA (qui livre) mais il s’embourgeoise encore plus vite que le quartier et les prix augmentent constamment au rythme de la gentrification de Montréal.

Les experts: Autopsie d’un ticket de caisse d’une épicerie pas chère, en rouge les prix grande distribution

ticketcaisse

Les Asiatiques, Africains, Ukrainiens, Italiens, Maghrébins, Grecs et Sud-américains ont été des immigrants avant vous et connaissent souvent les bons plans. Les Chinois excellent particulièrement dans l’art de cuisiner pour pas cher grâce à des années de pratique de la famine maoïste. Deux livres de gîte de paleron en gros (11 dollars à Fu Tai/Montréal un peu plus au Nosso Thalo de Toronto), une barquette de champignons en fin de vie au fruitier dans le bac à promo (1 dollar les deux) et une botte de céleris ou de carottes négociée en jouant les causette-les-deux-pieds-dans-la-neige à Jean Talon (2 dollars à Montréal, 3 chez Yong Xin Fruit and Vegetable à Chinatown-sur-Toronto ). Versez de la bière dans votre ragoût et servez avec un féculent, et voilà pour moins de 20 dollars 4 ou 5 excellents repas qui feront le bonheur de vos amis.

Pour des bons plans en gros (venez avec un gros cabas), direction Mayrand la centrale de gros qui fait des prix de fous furieux. A ces tarifs-là (les moins chers de la ville accessible aux particuliers) ça vaux le coup d’affréter un Uber voire de louer une bagnole par mois. A visiter pour une soirée raclette, ou un plan méchoui à 40.

Tu es gourmand(e)? Va pécho du vieux!
Ils sont là, seuls et délaissés telles des vedettes grabataires d’Hollywood. Les vieux légumes pas sexy, victimes du diktat du jeunisme, sont parqués dans un coin sombre du fruitier et stigmatisés d’une étiquette rouge. L’occasion pour toi, travailleur pauvre, d’en pécho un maximum à prix discount. Et de ranimer le chasseur-cueilleur qui sommeille en toi vu qu’on est génétiquement prédisposés à se goinfrer de fruits en un temps rapide. Soit opportuniste. Ces kilos de pommes défraîchies te nourriront en compote pour la semaine, et ces toimg_20170215_102209mates feront des merveilleuses bolognaises/sauce tomate. Tu peux aussi te faire des pots massons/conserves en demandant à un québécois de t’expliquer la marche à suivre pour pas t’intoxiquer. Dans le doute lave, bouille, frit et cuit. Il n’est pas vraiment possible de se faire trop mal avec du végétal moribond (moisis=danger) vu les tonnes de conservateurs qu’ils foutent dedans. Par contre si c’est animal (viande, poisson et surtout fruits de mer) et que ça a a l’air en retour d’after méfiance voire fuite s’imposent.

 

Mais tu peux aussi pécho du gros! L’enseigne bulk barn propose de la « dry food » (aliments « secs » longue conservation) au poids en self-service dans ses nombreuses filiales. Pratique pour acheter juste ce qu’il faut d’épice, de farine ou de poivre au citron (ou bourrer les mômes de sucre à Halloween) sans faire de stock ni abuser du packaging. Tout n’y est pas forcement plus avantageux mais bon… Il existe une variante moins achalandée à Jean Talon : Vrac en Folie15133031164_67e46f26f1_b

  • Les supermarchés genre Cosco vendent à prix cassés des saloperies bourrées de sucre et de gras d’huile de palme (aussi appelée jus d’Orang-Outang pressé). Du véritable bouche artère qui fait un gros cul. Le cholestérol et le diabète sont endémiques en Amérique du Nord au cas où tu ne l’aurais pas remarqué en descendant de l’avion. C’est souvent un corollaire de la pauvreté car les trucs les plus répugnants (gras, sucrés etc) ne coûtent presque rien. Si l’on évite les petits épiciers bio péteux de broue, les légumes et fruits sont économiques s’ils sont de saison et qu’on va pas les acheter chez Valmont. Le fromage coûte cher, mais le Global Cheese de Toronto pratique des tarifs de demi-gros appréciables. Pour le poisson : des conserves de sardines (très avantageuses d’un point de vue nutritionnel) des poissons boucanés (excellents maquereaux fumés délicieux avec endives et moutardes) sans compter la morue salée du Nosso Thalo. Les Canadiens sont un peu chochottes avec les abats et du foie de bœuf d’Angus (la rolls-royce du bœuf) se monnaye 2 ou 3 $ la livre à l’occasion. Idem pour gésier, tripes et rognons avec des bonnes affaires à l’IPA. Le prix du cheval varie du simple (cad quasiment rien) au double suivant les quartiers. Pour parfumer un peu tout ça, direction Dollarama et ses épices à prix discount. N’essayez pas leurs conserves, elles sont horribles.
Gare à l’arnaque à l’étiquette : Au Canada on a pas l’obligation d’afficher le prix. Pire, les distributeurs ne risquent rien en cas de différence « prix à la caisse/prix affiché » à part appliquer le moins cher (qui est 100% du temps celui sur l’étiquette, car c’est du vol revendiqué). Si quelque chose n’est pas étiqueté, vous êtes libre de traverser l’hypermarché pour aller à une borne (qui ne marche pas une fois sur deux) ou carrément demander à la caissière de vous scanner le truc (en faisant râler la file d’attente). Puis de revenir à votre caddy reprendre vos emplettes. Ce n’est pas pratique, et c’est fait pour. Mon conseil est donc de ne pas acheter de trucs non étiquetés car c’est fait exprès, et toujours plus cher que ce que vous espérez. Ne les encouragez jamais à vous voler.
  • Tous les adeptes du dumpster-diving (ici un open map avec des pistes pour jouer au raton laveur) ne sont pas des radins ou des pauvres, certains le pratiquent par conviction politique et économique. C’est assez répandu à Montréal (jamais vu à Toronto) et des commerces jouent le jeu. Ainsi certaines franchises connues déposent leurs baguettes invendues devant leurs boutiques le soir. Il existe aussi des soupes populaires (dédiées ou non à certaines communautés), des épiceries solidaires sous conditions et des colis alimentaires mensuels dans les quartiers populaires. A vous de voir si vous pouvez ôter le pain de la bouche des locaux pauvres (vers Montréal Est et Nord la misère est terrible), et vous regarder dans une glace.

Quelques recettes

La bonne soupe d’hivers à Mamie Fennec

7601697563af9634fc35d100d002c40c
Mamie Fennec (allégorique)
  • Une courge (n’importe laquelle on est pas raciste mais je préfère la butternut)
  • Un oignon, de l’ail
  • N’importe quels légumes d’hivers qui traîne en promo: Patate, Carotte, Navet, Oignon, Kale, Épinard, Haricots verts, panais etc etc PAS de Tomate qui va ruiner le plan avec l’acidité
  • Une pointe d’ail
  • Un corps gras type beurre, huile ou Jean-Marie-Bigard
  • Un bouillon cube dissous dans de l’eau
  • Un mixer
  • Optionnel: du piment émincé et un morceau de gingembre pelé et émincé de la taille du pouce

Pelez/lavez/épépinez ce qui doit l’être (gaffe la butternut c’est robuste et chiant à peler) et détaillez en morceaux grossiers. Faites revenir l’oignon, la courge dans le corps gras. Quand l’oignon devient transparent, versez l’eau avec le bouillon cube avec les autres ingrédients (si ils sont vraiment fragiles genre épinard ajouter une minute avant de couper le gaz). Une fois que tout est bien cuit, ajouter la pointe d’ail, laissez refroidir un peu et mouliner. Vaut mieux avoir une soupe trop épaisse et la rallonger que l’inverse. Une fois la soupe moulinée vous pouvez ajouter au choix du vin rouge, de la crème, un peu de lait entier, du fromage râpé éventuellement pour lui donner du corps. Avec une bonne tartine de pain grillé ça va vous revigorer. Ça se congèle super bien en portions.

 

Les pâtes « Luca Brazi » à la sicilienne 

luca_brasi
Bonu vinu fa bonu sangu!

 

  • des pâtes fines genre cappelini
  • de l’huile d’olive de très bonne qualité
  • un vieux guignon de pain tout dur
  • de l’ail coupé à la lame de rasoir (nah je déconne, c’est pour la private joke)
  • du poivre
  • une boîte de sardines ou d’anchois
  • Optionnel si ta fagnari I pizzu: du parmesan.

Émincez et broyez l’ail dégermé (moi j’en mets une tonne dans cette recette) explosez le pain pour en faire de la poudre (on appelle ça de la chapelure). Poivrez et pimentez le mélange pain-ail et ajoutez votre boîte de sardines (ou d’anchois) égouttées et broyée, ajouter l’huile d’olive et mélangez pour faire une sorte de purée. Cuisez vos pâtes al dente. Pendant qu’elles égouttent dans l’évier faites revenir très brièvement la purée de sardine/pain/ail dans la casserole séche (pas plus d’une minute). Puis versez vos nouilles égouttées sur le mélange et mélangez bien avec la purée comme si vous épongiez un parquet avec une serpillière. Servez aussitôt avec des copeaux de parmesan et un bon chianti. 

 

 D’autres plats de pauvre avec ce que vous trouverez en promo chez le fruitier: omelettes, gaspacho, tartines, curry de legume à la mijoteuse, haricots frits à la chinoise, Tofu MA/PO, moules à la bière façon belge, riz frit à l’Indonésienne. Oui j’ai un gros biais pour la bouffe asiatique, la faute à 5 ans passés là-bas.
bon-appetit-bien-sur
Allez avoue que toi aussi t’as déjà bavé en pensant à elles petit(e) dégelasse

 

 

Publicités

3 réflexions sur “Se nourrir pour pas cher au Canada sans devenir diabétique ou obése

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s