Allez les Canadiens de Montréal!

Va falloir faire un truc un peu plus canadien que de me pogner une poutine dans un Mac-Do ou manger du steak de Bison. Il est temps aussi pour ma santé mentale de quitter un peu l’antre écolo-nazie de mon hôtel mal éclairé pour me mêler à la plèbe des faubourgs de Montréal.

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Les bruins de Boston (ouuuuuuh!!!!)

L’idée m’était venue en regardant Don Cherry sur CBC, que je passe en fond pour améliorer mon anglais-canadien. Avec ses chemises dans des couleurs improbables, le type fait proxénète Texan psychopathe jusqu’au pseudonyme. Il fixe sans cligner des yeux le cadreur (et donc son public) d’une manière inquiétante. Vous savez avec cette façon de regarder un enfant en train de faire une connerie.  Qui semble dire « continue comme ça mon bonhomme et tu vas te prendre une torgnole bien méritée».

Et son émission fleure bon la testostérone. Pour nous, les hommes avec des couilles et un pénis.

Je vous laisse juger par vous-même. Attention, contempler la chemise de Don Cherry trop longtemps est dangereux pour les épileptiques. Et non, je ne sais pas ce que foutent le pitbull et le poulpe dans le générique surréaliste. Si vous le savez, écrivez-moi

Accessoirement ce monsieur est un tout petit peu Xénophobe (il n’aime pas les Québécois et a suggéré que les frenchy sont chochottes) et totalement néoréac va-t-en-guerre.

Toutafé Thierry.

Nous avons le football, les américains ont aussi du football mais pas le même, les néo-zélandais ont le rugby et les indiens le cricket. Et, en Afghanistan, le sport officiel est un genre de polo avec une chèvre morte. Mais là n’est pas la question.

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Les Canadiens de Montréal (allégorie)

Les Canadiens ont donc le Hockey. Et même des hooligans et du bon vieux chaos urbain : mise à sac, pillage, tabassage de supporter ennemis avec un extncteur et jet de biere sur CRS. Comme lors des émeutes de Vancouver, quand 100 000 fans bourrés et déçus par un méchant 4-0 avaient déchiré le centre-ville. Oui madame.

Ça tombe bien, ce soir (le 1er mai) c’est la grosse rousquille fatale entre les Canadiens de Montréal et leur ennemi juré, Les Bostons Bruins. Genre, OM-PSG au Parc des princes.

Et, pendant que les français se roulent dans le muguet comme des hippies à Woostock et fêtent le travail en foutant rien, un drame va se jouer ce soir.

Officiellement l’inimité daterait de la lointaine époque de la ligue de Hockey à 6 équipes. Mais moi, j’aime penser que le sang chaud des Irlandais de Boston a trouvé à qui parler avec les Québécois de Montréal. Entre les deux plus vieilles colonies d’Amériques du Nord toutes deux majoritairement catholiques, entre la Rosbif et celle de notre Bon Roy, on a aussi quelque chose à se prouver.

La nuit est tombée, raide et fraîche. Je fais le trottoir le long de la rue du Mont Royal en espérant rencontrer des fans maquillés aux couleurs de leur équipe pour illustrer ce modeste article. Et 90% des gens dans 90% des bars bloquent sur le jeu qui a déjà commencé.

On me refoule poliment d’un bar complet où on peut s’essuyer les pieds sur un sweat-shirt des bruins de Boston à l’entrée.

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L’esprit Olympique quoi, façon Munich 1935.

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Quand je rentre dans le bar, la période a déjà commencée et les Canadiens de Montréal baladent Boston avec un 2-0. Il me faut batailler pour atteindre une Mont-Tremblant bien fraiche format XL au comptoir. Impossible de voir le palet avec mes petits yeux déficients sans lunettes. On m’explique qu’il faut regarder les mouvements des joueurs pour savoir.

–          Ah ! Genre, le mec qui fonce comme si il était poursuivi par le diable en personne il a le palet ? Merci !

–          C’est correc’ (De rien)

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Un français dont j’ai oublié le nom après la troisième tremblant gueule plus que les autres. Il m’explique qu’il est ici depuis 15 ans. Tellement longtemps qu’il ne prononce pas la ville de l’équipe ennemi [Bosse-tonne] mais [Bosse t’on] à la Québécoise. Ses potes reviennent casser la croute. L’odeur forte de digitaline et de graisses polysaturées est caractéristique de la Poutine.

Je m’éloigne, intimidé par cette atmosphère de franche camaraderie et de cheddar fondu sur sa sauce brune ramollissant des frites.

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Comme dans toutes les bandes de potes qui regardent un match, ya une petite amie qui s’emmerde dans un coin. Je parle un peu marché du travail avec elle. Comme elle oeuvre dans une association de réinsertion de gens de la rue, elle me présente son collègue, qui me propose de l’accompagner en maraude. Ça fera une occasion de sortir un peu. Et sans doute un reportage (va falloir produire un peu au lieu de raconter des conneries gratos sur le web).

L’ambiance est chaude et les prolongations s’ouvrent sur un 3-3. Le match passe en sudden-death : Le premier qui marque lors de prolongations renouvelables indéfiniments remporte la mise. Je m’enquiers discrètement de la côte chez les bookmakers des Montréalais et on m’explique que c’est du 7 contre 1. Bref les Quebecois font figure d’outsiders.

–          Où peut-on trouver un bookmaker ? je demande

–          Dans des coins louche genre Est-Montréal, à Frontenac (sic)

–          Confusément, je m’attendais à une réponse comme ça…

Les yeux sont rivés sur les écrans HD toute la première prolongation. Un joueur s’écrase sur la baie vitrée en plexiglas. Il repart immédiatement se jeter vers la mêlée et les cages de la taille d’une table de camping. Les manœuvres deviennent plus désespérées, les ripostes plus violentes. C’est le temps de la dernière chance, des ouuuuuh et des aaaahh. L’alcool a commencé à désinhiber les esprits. Les bostoniens passent à quelques millimètres de la victoire avec un tir de rondelle dangereusement familier.

Finalement P.K Subban remporte le 4-3 en faveur des Montréalais au début de la deuxième prolongation après 20 minutes éprouvantes. Les joueurs s’enlacent. Entre hommes.

Le français hurle « Fuck you I won’t do what you tell me » des Rage Against the Machine.

Il est temps pour moi d’agripper un burger et de le manger en marchant 4 bons kilométres, le col remonté pour ne pas vaciller dans les bourrasques glacées.

Le jolie mois de Mai, et la température peine à dépasser les 5 degrés Celsius.

 

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