Super-héros dilettante

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Lunettes et crâne rasé, seul son sourire hilare vient briser une austérité de façade. Lazlo (c’est aussi son deuxième nom) est du haut de ses 29 ans un épicurien plutôt qu’un artiste engagé. Une jeunesse et une scolarité turbulente malgré une mère professeur l’ont vite détourné des études longues. De son père brocanteur et cinéphile, il a gardé le goût des grands classiques un peu kitsch. « Monté à Paris » il y a 6 ans, c’est une femme qui l’initie à l’art. L’arrière-petit-fils d’aristocrate russe voulait être décorateur de théâtre, il sera peintre en bâtiment. « Un boulot alimentaire » précise-il « depuis j’ai acquis un diplôme de déco d’intérieur ». Lazlo s’essaie à la photo et au dessin sans grande conviction. « Je suis un peu feignant, et puis, en rentrant d’un chantier, c’est dur les cours du soir ». Il sympathise avec Artiste Ouvrier, un pochoiriste rencontré dans un squat de la rue de la Grange-aux-belles. Après l’avoir vu travailler, il fait ses premières armes : Betty Page, Boris Karloff dans « la momie », c’est un hommage de rue à l’art populaire. « Je respecte ce coté précurseur des navets, mon travail n’est pas revendicatif, je vise le ludique ». Et de parler avec dévotion des vieux films de SF dont il a tiré des pochoirs : « aujourd’hui on en rigole, mais c’était novateur et frais. Si tu es le premier à faire quelque chose, même une merde, alors cette merde devient référence et bascule dans le mythe».

 

« autre chose que des hommes politiques ou de la pub sur les murs »

 

Grand amateur de bande-dessinées, son travail très pulp en reprend les couleurs chaleureuses. Il n’aspire pas à vivre de son art « ça serait bien mais ce n’est pas mon but ». Lazlo vise plutôt l’équilibre : « pour moi, la contre-culture est contre-poid à une culture dominante ». Attrapé la nuit en pleine performance par la BAC, il leur explique sa démarche : « De la couleur pour tous, autre chose que des hommes politiques ou de la pub sur les murs, je ne suis pas un vandale ». Après un sermon, les policiers le laissent partir. Sa dernière série en date représente le catcher masqué mexicain. « D’après la légende, c’était un curé qui mettait un masque la nuit pour aller cogner des dealers et des voyous. Je ne sais pas si c’est vrai mais l’ambiance festive du catch mexicain me fascine. C’est pas le WWF, les gars se font mal. C’est aussi un défouloir social, une liesse comparable au foot chez nous ». Quand on lui demande s’il s’identifie à ce héros masqué aux activités nocturne il répond « un petit peu, entre le super héros, l’apache et l’artiste, il y a la transgression en commun ».

Le mystère Lazlo se dévoile: Clark Kent le jour, il continue – masqué par la nuit- à sertir la ville d’hommages.

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