C’est vrai qu’ils mangent du chien en Chine ? (partie 1)

Petit compte-rendu des trucs qui se mangent en Asie, du tout-venant sous nos latitudes au franchement… Bizarre.

AVERTISSEMENT  IMPORTANT: Certaines descriptions sont assez violentes et je vous en déconseille la lecture si vous êtes sensible à la souffrance animale. L’auteur de ce blog condamne la cruauté envers les animaux même si le ton ironique peut parfois donner l’impression du contraire. N’oubliez pas avant de vous dire « ces gens sont des monstres » que les parisiens affamé ont mangé l’intégrale du zoo de Vincennes pendant la commune de Paris et que les pays cités ont une longue histoire de disettes (avec des millions de morts) qui relativise leur cruauté. Certaines histoires horribles ne doivent pas faire oublier ce qui se passe dans NOS abattoirs (égorgements religieux, animaux maltraités dans des cages minuscules et abandons).

 Les cas les plus extrêmes sont de nos jours le fait d’individus riches et dégénérés ou tout simplement dégénérés. Le chinois moyen ne mange pas de chat et les Thaïlandais ne mangent pas d’insectes dans leurs céréales le matin.

Il est possible d’agir contre la souffrance animale par le biais d’association ou par une manière de vivre éthique (végétarisme, veganisme, régime ovo-lacté).

Je suis donc carnivore et opposé à la cruauté envers les animaux. Cependant, je pense pour parodier Desproges que « on peut manger de tout, mais pas avec n’importe qui ».

Cet avertissement était nécessaire.

Le tout –venant :

Le TOFU

Ah le tofu, cette préparation si mal aimée -détestée même sous nos latitude-. Si j’avais reçu un euro à chaque fois que j’ai entendu « le tofu c’est dégelasse j’en donnerais pas à mon chien » je pourrais m’acheter l’intégrale en DVD de la quatrième dimension dans une paire d’années. Le tofu c’est un peu comme le fromage : une catégorie d’aliment. Vous pensez sans doute à la chose molle et fade du supermarché bio. Quelle erreur. La préparation du tofu est un art. Car voyez-vous -chers cosmonautes de l’assiette- le tofu c’est tellement plus que ça :

–          Il y a d’abord le tofu  brut, le tofu rural qui cause bérichon. Celui-ci est préparé dans les temples chinois où l’on mange végétarien pour rien (à savoir 25 centimes d’Euro et à volonté).  Il se présente sous la forme d’un brouet bistre semi-liquide. Comme des petits bouts de yahourt dans leur jus. Il a ce gout subtil du soja assez caractéristique que l’on retrouve dans toutes préparations de ce type. Il se mange avec du riz, des légumes fermentés (voir plus bas) et une purée de piment souvent rehaussée d’ail. Les moines en mangent chaque jour et ils se portent très bien. Son intérêt gustatif est … limité.

–          Variante plus sophistiquée, le tofu en pain. Il ressemble à du yaourt (pour la couleur) qui tremblote (consistance pudding). C’est celui que vous trouverez dans les frigos du supermarché asiat’ du coin. Comme le soja il se garde dans de l’eau claire que vous devrez changer chaque jour pour éviter qu’il moisisse. Les japonais le coupent délicatement en tranche (façon mozzarella) et le servent allongé d’huile de sésame poivrées sur un lit de petites herbes  locales avec des oignons fris. Perso je fais une vinaigrette huile d’olive, quelques gouttes de sésame et moutarde et de l’échalotte hachée menue, du gingembre et de la coriandre sur des tomates fraiches tranchées. Mais vous pouvez tenter une bonne vielle vinaigrette huile d’olive-citron-moutarde poivre, c’est délicieux.

Tofu qui pue des pieds taiwannais

–          Il ya le tofu brun, qui déjà a une consistance qui permet de le faire frire et de le traiter comme le premier oignon venu. Agrémenté de ciboules, d’oignons, de piment rouge et de quelques feuilles d’épinards il vous mettra dans les bonnes grâces des végétariennes et autres vegannes chiantes qui semblent se multiplier ces derniers temps en Allemagne.  Si vous l’oubliez quelque part il prendra des veines ambrées bleues comme le roquefort et deviendra le fameux et redouté VIEUX TOFU. Ne le mangez pas cru (sérieusement je pense que c’est dangereux, d’ailleurs n’essayez pas de le faire moisir si vous ne savez pas exactement ce que vous faites). Il se fait frire longtemps dans de l’huile et est servi en petits cubes de la taille d’un gros dé avec une sauce au piment fort. Ca croustille autours et ça fond dedans. Il a un gout caractéristique et prononcé. Soit on aime, soit on gerbe. Comme le roquefort. Perso j’adore. Comme le roquefort.  Il serait paré de milles et une vertus, de l’aphrodisiaque (peu probable, avalez du viagra plutôt) à celui d’être riche en probiotiques essentiels dans des pays où l’on ne mange pas de laitage (très vraisemblable).  L’odeur d’un stand de rue est caractéristique de celle d’un adolescent en fleur enlevant ses Nikes. Ca sent les pieds. Fort.

–          Enfin le graal du tofu, le plus cher, mon préféré aussi, le DOPI. La peau du tofu. Elle ressemble à une large nouille découpée en bande marron-dorées qui vont de la pâte fraiche non cuite à la chips mordorée croustillante (frozen tofu). Trempez-le environ 10 secondes dans un bol d’eau bouillante et faites le sauter. Ou alors, servez-le tel quel avec du vinaigre et des légumes fermentés. Il est délicieux en fondue chinoise et mes experiences avec du pot au feu on été concluante si on l’ajoute à la marmite juste avant de servir (en le rinçant quand même avant).

Une recette emblématique : le mala tofu (tofu au gout mala, intraduisible en francais)

Les légumes fermentés.

Pour survivre aux long mois d’hivers les asiatiques font fermenter leurs légumes en les mettant dans des jarres. Le Kimchi est le pinacle coréen de cet art. Mais les paysans du Yunnan maitrisent des recettes équivalentes. La fermentation est maitrisée par des conditions locales d’humidité, de lumière et de température. Le gout est électrique, un picotement sur la lange caractéristique dû aux « gentilles » bactéries. Si l’on sait ce que l’on fait (une fois encore n’essayez pas à la maison) tout peut-être fermenté : les légumes, la laitue, l‘ail, les œufs, le poisson, les ailerons de raie (délicieux), les épinards, le chou. Le chou fermenté (qu’on considère abusivement comme étant le seul Kimchi) expliquerait la sous- prévalence record du cancer du colon en Corée (le pays avec le taux le plus bas du monde). Car il conjugue les bienfaits du chou aux probiotiques, ces petites bêtes dans ton actimel qui aident ton gros colon faignant d’occidental à travailler : C’est magnifique. Les légumes fermentés s’utilisent souvent en accompagnement des nouilles, du riz et une recette chinoise les mêle à une soupe de poisson vinaigrée absolument délicieuse.

Les légumes funky

–          Le gombo (ou okkra ou doigt de demoiselles). Il ressemble au fruit contre-nature des amours clandestins entre un concombre fils d’un piment et un haricot. C’est un long légume octogonal. A l’intérieur des grosses graines marron. Il se mange bouillis ou frit coupé en tranche. La graine donne une consistance gluante. Comme si on vous avait craché dans la bouche. Ne faites pas les dégoutés : c’est délicieux. Je l’utilise perso pour épaissir des rougailles ou des currys. Les africains l’utilisent aussi, mais je sais pas comment.

–          Le choux chinois (alias Kimchi 2 : le retour).  En fait le chou c’est une bonne douzaine de plantes vernaculaires. Parfois utilisées crues (les  salades Thaï sont livrées avec, pour les fibres) elles sont souvent utilisées bouillies ou carrément frites avec une sauce d’huitre. Le repas de base du prolétaire chinois a longtemps été constitué de légumes verts bouillis (tel la salade, oui, ils bouillent la salade aussi)) et d’un bon bol de riz avant une chouette journée de travaux forcés  de labeur prolétaires. Idéal pour garder un petit cul. Une fois encore, il y a 20 ans le diabète n’existait pas en Chine.

Marchande de fleurs à manger ( Chiang Mai,Thailande)

–          Les fleurs. Pas vraiment un légume mais bon. Les habitants du Yunana adorent les fleurs. Parfois bouillies (mimosa, utile comme source de fibre pour faire passer le riz mais aussi bon que des vieilles tiges d’asperges bouillies), ou frites (je sais pas le nom). Les indiens utilisent aussi l’eau de rose pour les pâtisseries.

Mousse vendue à la frontière Birmano-Thailandaise

–          La mousse. Certaines mousses sont neurotoxiques, d’autres délicieuses. Elles sont servies en salade au citron vert avec plein de piment dedans. Typique de la cuisine Bai du Yunan. Certaines mousses sont apparentées au champignon et dégagent un parfum magnifique de truffe. Elles sont récoltées par les minorités nationales dans les forêts (et revendues à prix d’or à Pékin) car personne n‘a jamais réussi à les faire pousser dans des fermes. A essayer avant de mourir.

–          Le Shitaké. Le shiitake ressemble à un bolet qui ne serait pas en règle dans ses papiers. Il est vendu une bouchée de pain et je devais en manger un kilo par semaine à Pékin. Lavez-le bien. Puis attrapez-le et pressez. Puis pressez encore, et encore. Une fois essoré, coupez des lamelles fines. Faites le frire dans du beurre dans une omelette : personne ne verra la différence avec des cèpes. Serait anti-cancérigène.

Les fruits funkys

–          Ah le Durian. Mal aimé Durian. Oui, il sent le caca. Et il vous emmerde. Il est illégal dans tous les hôtels d’Asie. Le bon Durian a une jolie couleur-jaune orangée et il ne sent pas bon. Le gout est indescriptible. Le durian est un aliment spécial. Il est « chaud » et par conséquence se marrie bien à la physionomie « froide » des Chinois. Il vous filera des gazs et des brulures d’estomac abominables si vous le mélangez à la bière car si vous êtes caucasien vous êtes « chaud ».  Un guide Tamoul malaisien s’est lancé un jour dans une longue diatribe sur le Durian qui se résume par « les chinois mangent du Durian et ils rentrent chez eux faire l’amour à leur femme, c’est pour ça que les chinoises ont ce fort taux de fécondité en Malaisie » . Il serait aphrodisiaque. Mais pour les chinois seulement. Blague à part essayez-le. Certains -comme mon père- sont totalement accros. Les musulmans malaisiens le font fermenter (voir plus haut, légumes fermentés) et le servent avec un poisson chat gras, le patin. C’est atrocement épicé, mais absolument bon. Les rots empoisonnés sont toujours au rendez-vous cependant.

–          Les mangues. Ah mon fruit préféré. Il y a des douzaines de mangues différentes. Les atrocités verdâtres de nos contrées sont des mangues de Côte d’Ivoire récoltées pas mures. Oubliez-les dans un coin jusqu’à ce qu’elles deviennent blettes et faites-vous un milk-shake et régalez-vous. La mangue du Pakistan (la meilleure et de loin) est longue, orangée et possède un gout d’orange sanguine. On en trouve à la Chapelle à Paris à la bonne saison (mi-juin). Mais c’est pas donné.

–          D’autres fruits. Mais manque de chance je n’aime pas les fruits. Vous avez rencontré un fruit funky en Asie ? Contactez-moi et je publierais votre prose !

La suite ici (plus gore)

Publicités

2 réflexions sur “C’est vrai qu’ils mangent du chien en Chine ? (partie 1)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s