Meurt, pourriture de trafiquant de cannabis

Il parait que je me HunterThompsonise. Pas pour la drogue même si je bois des shots de vodka polack au poivre blanc agrémentés à l’occasion de Jomeo Y Julieta numéro 4. Une chose est sure, j’ai développé comme lui il y a peu une passion pour les armes à feu. Cela n’a rien d’étonnant vu que je suis de cette génération qui frag à tout vent sur half life ou doom (mais pas Call of Duty, shooter des gens, même dans un jeu vidéo c’est malsain) et connait la moitié des répliques de Die Hard par cœur.

There’s one thing for sure; you can’t kill sixteen children in less than two minutes with a club, a knife or even a machete. (le père d’une victime aux USA)

J’ai aussi –mais je n’ai pas l’attention d’en parler ici- commencé des petits contes balistiques, un ensemble de nouvelles que je souhaite à la Pulp Fiction avec pour dénominateur commun les armes à feu. Cela fait donc un moment que je consulte d’imbitables catalogues « Fiream 2009 » US pour me faire une petite culture sur le sujet. Je parcours aussi d’abominable forum NRA (National Rifle association, le gros lobby US des armes) où je frissonne en lisant les aventures balistiques de gros beaufs républicains du Midwest.

Les armes, du FUN pour toute la famille. Sauf le chien car il est démocrate.

L’un d’entre eux (vaux d’ailleurs le coup d’œil pour sa forte dimension freudienne. Il y est en effet question d’un père de famille du Nevada qui teste (je cite) «le coefficient de pénétration des balles » (fin de citation) en tirant un peu sur n’importe quoi. C’est utile pour apprendre par exemple qu’une portière de bagnole n’arrête même pas une balle de 22LR ou qu’ ou qu’une balle de 9mm n’entame pas un cadenas (comme quoi les films, c’est des conneries).

Un quoi ? Un GLOCK 9mm ! (La Haine)

Aujourd’hui j’ai donc chevauché ma monture (une 110 cc antique Thaïlandaise, non ce n’est pas une femme mais une mob) pour aller tirer sur des trucs légalement au stand de tir.

Une adorable minette me suggère puisque je suis débutant un automatique 22 de compétition. Je décline car j’ai d’autres projets en tête. Et pourquoi pas une carabine à plomb ?

Jvous prévient qu’on a la puissance de feu d’un croiseur et des flingues de compétition

Le choix de l’arme était tout trouvé car je souhaitais tirer au revolver. Tout simplement car si un jour j’étais un bandit ça serait mon arme : Le revolver ne s’enraye pas, ne laisse pas de douilles brulantes à ramasser aux experts balistiques. Le revolver a une mécanique simple à nettoyer, peut servir de casse-noix et a ce petit côté justicier des années 70 qui fait craquer les indicateurs rastaquouéres du Bronx. Il n’a que 6 balles, mais « si vous ne pouvez pas régler pas son compte au méchant avec 6 balles c’est d’un pain de plastique dont vous avez besoin, pas d’un calibre » (un type rencontré dans un bar).

Si ces messieurs veulent bien me les donner…

Feeling lucky punk ? (Client Eastwood)

Hélas il semblerait que je sois un peu trop fluet pour commencer par le .357 magnum qu’on me retire des mains derechef en rouspétant. Il me faudra faire le joli cœur pour avoir un chouette .38 spécial Smith et Wesson chromé comme une jante de Berline. Un flingue de flic. Pour le coté bandit on repassera…  J’allonge mes 40 euros (ce n’est pas donné ces conneries) et  on m’apporte mon pénis de substitution sur un plateau, avec  une boite de 30 balles Thaï Arms, des protections pour les oreilles et des lunettes en plastoc. J’explique au vieux militaire thaï fatigué que je suis un noob et il m’apprend à tenir le bazar sans m’exploser le pouce. Première balle dans le chargeur pour me faire la main. Je vise un panneau à 10 mètres. Je m’arrête et demande si c’est pas un peu proche. Il me dis :

When you have to shoot, shoot!  Don’t talk (Le bon la brute et le truand).

Je vise entre les deux yeux du mannequin-en-papier-caid-de-la-drogue-qui-a-mangé-mon-chat-et-violé-ma-maison : Une salle histoire qui remonte à mes jeunes années au LAPD dans l’unité du LT Badass.

Boom. Loupé. Ou alors, si le mec avait un perroquet sur l’épaule à la limite… Le recul est réel et le canon monte à 20 centimètres par rapport à l’horizentale. Ça sent le pétard un 14 juillet. Le bruit est moins assourdissant que prévu.

Je file mon appareil photo au Thaï mais il est plus doué pour tirer sur des gens que pour tirer des portraits. Je lui montre comment faire du bras gauche en pointant mon flingue vers le stand et le coup part tout seul. J’étais sûr que le chargeur était vide pourtant. Putain comme c’est dangereux ces conneries !

J’interpelle la bande de Français désagréables à coté qui essayent un Beretta en demandant à un jeune malingre de prendre quelques photos pour immortaliser l’évènement et faire peur aux grands-parents sur facebook.

We need some bullet control. Man, we need to control the bullets, that’s right. I think all bullets should cost $5000. $5000 for a bullet. You know why? ‘Cause if a bullet costs $5000, there’d be no more innocent bystanders… (Chris rock)

Les 6 autres balles touchent le même endroit, au-dessus de l’épaule gauche de Esposito Cocaloca (c’est le nom de la cible). Donc il faut compenser. A chaque fois je remonte le chien, vise, bloque ma respiration.

7 balles au total et ce connard de Guatémaltèque  se fout toujours de ma gueule même si son Perroquet de combat est à terre. Je demande à éloigner la cible. 15 mètres. Longue portée pour un flingue.  Maintenant que la cible est acquise, c’est partit mon kiki.

Je touche entre les deux yeux, au cœur, au foie, je vise le bras et touche, j’emporte la carotide. Hein tu fais moins le malin Esposito ? Ça t’apprendra à vendre ta saloperie de plante séchée aux cancéreux en stade terminal et aux étudiants en art!

Oui, Esposito vend du cannabis, l’ordure.

L’instructeur me demande si c’est sûr que je n’ai jamais tiré. Je sors ma discrètement ma plaque  « Badass Police SVU » avant de lui glisser :

–          « Je suis ici pour un réseau qui revend des DVD de Schrek 3, je veux pouvoir regarder monsieur  DreamWork dans les yeux et lui dire que justice a été rendue ».

Il est temps de passer aux choses sérieuses. On relève des cibles en métal  censées représenter les 6 desperados venus venger leur patron pour le cartel d’Acapulco. Des gros mexicains dégelasse avec des cartouches en bandoulière, une squaw qu’ils tiennent par les cheveux  d’une main, une bouteille de Tequila avec un scorpion de l’autre (je m’excuse envers mes amis mexicains je sais que vous savez que je ne suis pas sérieux).

Les desperados

Boum et de 1, de 2, de 3, de 4. José, Javier, Manuel et Rico

A chaque fois j’entends très distinctement un « clang !»  sinistre. La cible reste dressée une seconde avant de tomber raide morte.

La cinquième balle touche, j’entends un clang. Et là il se passe un truc flippant. Des putains d’éclats de plâtre me sautent à la gueule et ricochent sur mes lunettes. Je regarde si un ricochet ne m’a pas atteint et je flippe un max. Rien. L’instructeur rigole.

J’ai cette étrange impression, une réminiscence de mon accident sans doute. Peut-être que je suis touché mais que la douleur est prise dans un embouteillage.

La dernière cible est là.

Bam, par terre. Le petit village de Tequiladosgringobario est à nouveau sûr. Une jolie chica se jette dans mes bras. Je la porte vers ma chambre au-dessus du saloon pour la prendre virilement sur fond de Gipsy King.

Il reste les douilles que j’inspecte. Elles sont percutées et sentent la cordite. Un petit rond parfait au milieu de l’amorce. Les balles ont-elles une âme ? Un karma ? Cette mauvaise balle rejoindra-t-elle le samsara en se réincarnant en bastos plastoc d’AirSoft ? J’envisage d’en chourer une (on a tous un élu à menacer non ?) mais un panneau en mauvais anglais l’interdit explicitement.

Tant pis.

J’insiste lourdement pour prendre quelques photos avec le flingue pour envoyer à la famille (ça fait toujours plaisir de savoir que les proches ont des activités saines en vacance) et enfourche Juanita (mon scooter 110 cc) direction Chiang Mai.

Mon smartphone Lenovo passe Peruvian Cocaine d’Immortal Technique. Aujourd’hui, je suis un bad boy certifié, j’ai ma cible en carton coincé derrière le guidon pour l’attester.

The end

Epilogue : Dans les ruines de son laboratoire clandestin de la jungle du Chiapas une main sort des décombre. Esposito Cocaloca se dégage des débris. Un homme de main l’aide à se relever en sang.

–          ¿Está muerto ese hijo de la chingada de Fennec?

–          no, señor, salió en su coche, con su hija

Le trafiquant pousse un cri de sanglier enragé et  descend son ouvrier agricole. Il plonge sa main dans la plaie et se fait avec son sang une croix à l’envers sur le front.

Il hurle :

–          A la verga, pendejo Fenneko! Te encontraré e iré a por ti! Sí, iré a por ti, mamón!

Dans la jungle, comme un écho à sa malédiction, les perroquets chatoyant s’envolent dans le soleil couchant.

Esposito Cocaloca est de retour.

Publicités

3 réflexions sur “Meurt, pourriture de trafiquant de cannabis

  1. C’est pas le flingue qui tue et le trafiquant est juste un être humain, donc je dirais plutôt : « Meurt pourriture ! » Salutations !

    J'aime

    1. Il s’agit bien sûr d’un trait forcé et volontiers parodique. Comme tu l’as compris avec ton pseudo Dirty haresque (à moins que tu sois Callaghan, le bloguer des 7 mers). Salutations à toi aussi!

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s