Par où commencer?

Peut être pour changer par me plaindre. De cette saloperie de clavier, le seul de mon département à ne pas etre homologué AZERTY mais qu’un lutin facétieux a pourtant mis ainsi, juste pour m’enerver. pqr exe,ple si je tqpe ce aue je vois cq donne cq; qqrghh; bordel de ,erde!!

Vous avez déja essayé de changer les configurations linguistiques d’un OS -XP- en Chinois? Moi oui. Si une bonne âme anglaise pouvait m’envoyer un tutorial avec photo sur comment remettre ce windows en anglais j’en serait fort grés. Pasque les aides pour ce faire partent du principe que vous maitrisez la langue, ce qui n’est toujours pas mon cas; obstinément.

Alors que dire d’autre?

Parmi les quelques minoritaire qui se souviennent encore de moi, les rumeurs les plus folles circulent. Je serait prisonnier des FARCS, en croisiére dans le Pacifique ou même rentré en France. C’est que je suis votre petite légende à vous cher lecteur, ou alors un contre-exemple. Un sujet de conversation entre deux demis d’amis au canal, d’opprobre abhorrée , d’offrande -merci pour les sauciflards Yann- de spéculation d’interrogations ou même d’angoisse crasse.

Enfin pour ceux qui en ont quelques chose à foutre: j’ai les noms.

A croire que si j’était en prison j’aurais au moins droit à une turlutte au parloir et à des oranges en colis tandis qu’ici des nèfles rien, keud. Mais je vais -une dernière fois- vous raconter.

Je rembobine mon cerveau. Des scènes défilent à toute vitesse, j’appuie métaphoriquement quatre fois sur le petit triangle -X32- qui pointe de manière suspecte vers la droite de ma télécommande cérébrale. Alors ou j’en était resté??? A dali je crois… Attachez vos ceinture…

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Coup de fil de ma petite Suisse préférée alors que je me demande par quel coin entamer le Laos. Anniversaire imminent, le miens aussi. Solitude du voyageur. Envie de revoir Chongqing. Convenons d’un rendez-vous. Arrive trop tôt. Acceuil tiéde du dortoir des étudiants internationaux, la plupart partis/en partiel/s’en foutent. L’hôtel est chiant. Super chiant. Intolérablement chiant. Pour m’occuper, DVD, NDS, TBJ. Ce dernier est un site de petites annonces. Tombe sur un poste trop proche de mes aspirations/ qualifications pour être honnéte. Postule un soir d’orage après un Tom Collins de trop. Recontacte le lendemain. Test. Interview deux semaines plus tard dans les locaux de Xinhua à Chongqing, toujours méfiant. Faut dire que ma dernière expérience de la presse Chinoise et des techniques de recrutement au lance-pierre était pitoyable. Fête mon 31eme anniversaire avec une sympathique Quebecoise, une bouteille de champagne, de la pluie et pas de cadeaux. Fuis Chongqing pour Chengdu puis Chengdu pour Chongqing. Monte à Xi’an tranquillement vers Pekin. Tombe sur un East Indy Londonien d’une tribu Bengali/Birmane: Said. Décidons de partager une piaule car le dortoir pue la chaussette et est surbooké. Le type est le pire geek que j’ai jamais vu: Il passera son temps entre sa NDS, la bière et les qualifications du mondial. Montons à Pingyaoh, une charmante petite ville pittoresque ou un décors pour un film de Zombi, ca dépends du point de vue… Pékin. Entretient d’embauche. Ils me veulent. Said repart pour Dahka visiter sa grande famille. M’incruste chez Anthonio.

Cheveux gras, yeux perpétuellement irrité car fragiles qui lui donnent un air de défoncés; Anthonio est un italien atypique, ventripotent, sympathique et anarchiste. Ceux qui me lisent (j’ai LE noms) savent qu’il m’avait déjà hébergé il y a de ca prés d’un an lors de ma visite de Beijing. Sa philosophie est simple et rafraichissante : « Me casa es su casa excepté que ma casa est plein de hippies en short qui font pas la vaisselle et que tu dois prendre ton mal en patience pour chier le matin ». Lui et son colocataire Henry -un chinois à lunettes arabophone et gay- animent un genre de foyer de la SPVF, la société protectrice des voyageurs fauchés. Et puis il y a Irina, la troisième colocataire qui contemple ce paysage apocalyptique d’un air consterné. Irina est une erreur de casting chez Antonio: Elle n’a pas lu les petits caractères avant de signer la coloc. Irina est aussi légére qu’une libellule portée par un courant d’air, aussi profonde qu’un traité de philosophie écrit par BHL, aussi tolérante que Sarkozy dans un edito du figaro. Mais quel cul… Quel cul mes amis.

C’est ainsi que j’ai négocié avec mon cerveau un soir fortement éthylique. Car en plus d’être un lecteur dernier cris de souvenir, mon cerveau abrite un sens moral. Soudoyant celui-ci j’ai réussit à me convaincre que Irina malgrés ses prises de position radicales : « Les hippies c’est pas des être humains »; « je déteste les bouddhistes » , « le dernier album de lady gaga est trop beau » valait le petit coup d’oeil et de rein. Il y a en elle un peu de Mathilde Seigner croisé à Sami NAssery pour l’intellect. Mais quel c…

Ok j’arrête.

Trés vite je bénéficie d’une promotion et passe du canapé douteux qui gratte au grand lit king size d’Irina qui partage son affection entre moi et BUNNY -à prononcer avec l’accent- un lapin blanc nain à qui elle parle tout les matins en russe pendant que je grogne l’oreiller sur la tête. Le salopard me déteste et je découvre trop tard qu’il monte des opérations commando pour pisser sur mes affaires lors de ses rares escapades hors de son enclot. Irina est sourde à mes suggestions de vacances anticipées pour BUNNY comme par exemple un séjour plongée dans les îles sauces moutarde ou une immersion linguistique dans le plat pays façon waterzoi. Dommage, il parait que les petits oignons et les bouquets garnis sont sublimes à cette époque de l’année.

Le boulot me rappel (de Chtulhu) et me propose, non m’ordonne, de descendre à Hong Kong pour mon visa. Une vague de suée froide portée par les évocations de mes mésaventures dans le Guangdong puis Hong Kong  -voir à ce sujet le tome add-hoc des aventures de Fennec chez les cantonnais- me roule le long de l’échine.

A mes frais, bien sûr. Et merde.

Prend un billet pour Hong Kong -26 heures de trains- emporte cette fois caleçons, liquide et chaussette. Honk Kong en mode autocuiseur pour touristes australien. Retour dans ce bon vieux Chungking mansion -In Fennec chez les Indiens tome 2- me rappel des souvenirs de type abattus dans la rue, de vexations diplomatiques et de policiers colère.

Ambassade et attente.

Nouveaux papiers à fournir rien que pour les français : je suis touché de l’attention. Surtout comme ca, par surprise, au débotté.

Depuis la visite à Shanghai d’une épave politique hongroise de petite taille battant pavillon tricolore il semblerait que la Chine rechigne -oui, la Chine rechigne et signe- à offrir l’accès à ses merveilles à tout un peuple. Sans doute la faute aux Roms. Après les sommations d’usage et les grognements je sort perplexe, en me demandant où je vais bien pouvoir souscrire une assurance voyage et faire une réservation d’hôtel. Pour me passer les nerfs j’envoie aussi un mail apocalyptique à l’inepte et incapable responsable des experts étrangers de mon agence de presse en expliquant qu’a cause de son ineptie je vais devoir arriver en retard pour mon premier jour. La réaction ne se fait pas attendre et je bénéficie d’un passe-droit pour mon visa qui finalement sera fait en deux jours.

Le temps pour moi de manger un Pho Dac Biet moyen avec Lara qui habite à Honk Kong depuis qu’elle travaille pour un grand groupe de petites culottes hollandaise  de marlies Dekker la reine de la lingérie « sexy mais pas salopes » batave.  Enfin quand elle n’est pas en Thaïlande à visiter des usines. Elle me manque autant que le bon vieux pho dac biet de Belleville.

Retour, 28 heures. Douanes plus longues que d’habitude. Oui, il se passe un truc avec les Français.

En passant une annonce je trouve Sacha une russe qui cherche un colocataire et un appartement comme moi. Nous décidons de chercher  ensemble.

Visite d’appartements: A boire et à manger. Deux colocataires potentiels se désistent. Au pire moment.  Début du boulot. Trouvons finalement un trois pièce à 650€ par mois ce qui est raisonnable à Pékin depuis les JO. Trouvons finalement un troisième coloc Francais aprés avoir casté deux-trois boulets. Louis est un chti-pied noir étudiant en commerce, fan de star wars et de bières belges.

Hier j’ai reçu mon premier salaire et après un mois de visites d’apparts, de postes de polices et d’administrations diverses pour raisons de ptits papiers je peut enfin commencer à me prétendre installé et victime d’une sorte de routine pour la première fois depuis… Pfui, au moins 5 mois.

Irina rentre en Ukraine et m’a confié Bunny. Aprés plusieurs jours de négociation infructueuses avec l’intolérable animal je refile Bunny à une collègue.

Le boulot: Je travaille pour Xinhua, le ministère de l’information/agence de presse/ média unique de Chine. Mon descriptif de poste est « expert étranger » ce qui veux dire que je suis SR -secrétaire de rédaction-, traducteur, montreur d’ours ou tout autre fonction le cas échéant. Mon contrat m’interdit explicitement de travailler ailleurs dans la presse -c’est courant- ou de me revendiquer ou d’effectuer tout acte de « vrais » journalisme tel qu’interview ou reportage -ca, ca l’est beaucoup moins-. Je travaille à des horaires fluctuants -l’info se marie mal aux heures de bureau- qui vont en gros de 10h du mat à 11heure du soir, 5 jours par semaine. Nous sommes censés être trois sur le poste en rotation mais depuis le départ de mes deux derniers prédécesseurs je suis seul et déja épuisé.

Tout cela ne me laisse pas beaucoup de temps pour profiter de Pékin mis à part d’éventuelles virées bières et un resto à l’occasion.

Mes relations avec ma chef -qui mérite d’avoir sa photo en couverture de « Salope passive-agressive magazine »- sont tellement mauvaise que j’ai très sérieusement envisagé de démissionner. Il parait qu’elle épuise les gens en 6 mois à chaque fois. Je commence à vraiment croire les gens qui me qualifient d’emmerdeur écorché vif ultrasusceptible paranoïaque grognon car j’ai déjà envie de la tarter.

Le pire: Elle essaye de me prouver que j’ai fait une faute en allant mendier une approbation au service voisin. Ce qui n’arrive jamais car je fait bien mon boulot.
Je commence à en avoir marre de me cogner des sous-chef agressives et pas professionnelles depuis toujours.

Vous vous alors demandez sans doute pourquoi ce texte est truffé de fautes comme la compta de Liliane Bettencourt? C’est trés simple, je suis feignant. Si vous m’achetez mes élucubrations dans un livre je vous promet de me relire au moins une fois. Allez deux fois.

Mais seulement si vous m’achetez le gros Albin Michel à Carefour avec le bandereau rouge de promotion qui va bien avec des commentaires ineptes du genre:

« Comme stupeur et tremblement mais en bien » Oprah Winfrey
« Un livre choc trop rock and roll » les Inrocks
« Argheuuueueuueueueueuee. Nono aime bien! » Libération
« Pas assez chrétien-démocrate pour être génial, mais juste assez antisémite pour avoir 3 étoiles » Telerama
« Pas assez national-socialiste pour être culte; mais juste assez anar de droite pour lui accorder le bénéfice du doute » Le Figaro littéraire
« Une nouvelle bible, un nouveau messie illuminé » Fennec Magazine

 


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