Saturday first of may night fever

Jo, la diaphane barmaid anglaise blonde du hump coupe un ananas pour la sangria. Elle a les même fines cernes plissées sous les paupières que Jo la Corse brune de Paris. Son homme, Brian, un irlandais à bouclette porte le sound system dans le bar qui surplombe la cours carrée. Les regarde faire en sirotant des bières à la nuit tombée. La lune se lève. Pleine lune. Bien sur.

Arrive Lin. Deux jours trop tard. Explications confuses. Trop tard ma belle. L’ignore. Me no more horny. Vexée, elle se sert une bière et drague Eric, un suédois chauffeur de poids lourd. Diner communal dans la cours. Concert de rock. Des Chinois regardent devant une table couverte de bières. Dans la rue, un feu de joie entouré de gens bariolés. Techno. Biere. Baijiu. Makha danse un genre de  tektonik. X, un arménien de passage a l’air trop rougeaud. Les yeux trop brillants. 45 images par secondes. Il a l’air de mâcher un chewing gum qui serait composé de ses dents. Je demande : Extasy ? Crystal, me répond-il. Il sort un sachet de sa poche pour me montrer.

Le crystal meth, ou metamphetamine, ice, crystal etc. Attendu d’un moment à l’autre en Europe. Est au crack ce que l’alcool à 90 est au cidre. Sale drogue. Indiscernable du bon vieux MDMA, alias Extasy. 48 heures d’effets en moyenne. Se fume, se shoote, se sniffe, s’ingère. Hyperactivité. Paranoïa. Délire de persécution. Agressivité. Ultraddictif. Facile à produire avec une passoire, un filtre à café, deux boites d’allumettes et un flacon de médicaments contre la toux. Littéralement. Devenu un problème de sécurité majeur dans le sud de la Chine. Ignorantes des risques à cause de la politique  de l’autruche en vigueur des jeunes femmes en prennent pour maigrir. Radical pour ressembler à un déporté. Deviennent accro. Se prostituent. Vieillissent de 10 ans par année d’usage. Gencives qui saignent, immunodéprimées, sida, hépatites. Réponse pénale chinoise: Balle dans la tête pour les trafiquants. Facture à la famille. Attaché à un lit jusqu’à ce que désintoxication s’en suive pour les accros. Do not try this at homeDo not try this in  China. Do not try this at all.

A ce moment là, 3 flics font irruptions dans le bar pour parler à Brian. X range sa came. Trop de bruits. Sont chauds pour verbaliser. Discutent avec Brian. Rangent le calepin.

Des chinois dansent sur de la grosse techno germanique. On dirait qu’ils pogotent.

X est confiant. M’explique qu’il dormira avant le lever du soleil en se massant la nuque les yeux grand ouverts. Je ricane. Bonne chance mec.

Allons à un autre bar. Bad monkey. Billard. Fresques, peinture fluo aux murs. Barre de strip-tease. Chinoise vulgaire qui s’y frotte. Jolie cul. Un américain bourré essaye de jouer starway to heaven. Pas terrible. Pub pour de la Stella –les anglais appellent cette bière wifebeater– mais yen a plus.

Retour au hump. Les flics repassent. Enervés. Baissez le son. Comme un air de déjà vu. Me retrouve à faire le gué devant le bar avec les autres autours du feu. X n’a plus l’air de s’amuser du tout. On dirait Lookoom à 10 heures du mat’. Tousse. Commence à s’étrangler. Gerbe une mauvaise bile. Continue de s’étrangler. Devient rouge. Cours lui chercher de l’eau. Le mec devient un peu moins rouge. Il trépigne.

Lin roule des pelles au Suedois. D’abord avec réticence. Puis avec entrain. Me regarde fixement. Me no more horny  girl. Cible une jolie canadienne d’origine indienne à la crinière flamboyante. Avocate, grande gueule. Mon genre. Râteau. J’en ai marre. Drague une hippy australienne bariolée. Lui roule des pelles et la pelote. M’explique que ce n’est pas possible de… avant une semaine. Beurk. Veux pas trop savoir pourquoi. Fatigué.

J’aime pas ces moments ou j’ai l’impression que tout le monde va baiser cette nuit sauf moi.

Makha danse un genre de danse de la pluie en hurlant une chanson des doors. X aussi.

Un Chinois arrive. Chaud. Crane rasé et tatoo. Demande de couper la musique. Le style gangster asiat’ dans un mauvais film américain.  Anglais parfait. X essaye de jouer les médiateurs. Le type l’envois chier comme une merde. X lui colle une beigne. Sur des bonnes bases, les négociations reprennent. Les deux hommes vont dans un coin s’expliquer. Petit à petit. Le ton baisse. Ils finiront au bar à s’envoyer des bières en rigolant. Comme deux amis de toujours.

Vais me coucher. Prend soin de boire un litre d’eau tiède pour prévenir la gueule de bois.

Le lendemain. Midi. Types qui émergent. Mal de crane communautaire. Ralentit. X est debout, droit au milieu de la cours. Rouge pivoine. Yeux grands ouverts. On dirait un fou. Pas dormis. Premières sorties du coma. Inventaire. Untel a trouvé un poivrot dans son lit. Le lavabo du dortoir de bidule est bouché par la gerbe. Et un troisième n’a pas dormis à cause de la baise tonitruante d’un couple dans sa piaule. Complainte, chœurs, refrains. Vais me promener.

Marche jusqu’à une pagode décatie. Bookine à l’ombre fraiche. Repart sans trop savoir ou je vais dans le village paysan. Odeurs de charogne. Nuées de mouches. Vieilles sur les perrons. Terrains vagues. Route défoncée. Bifurque. Trouve un petit champ de cannabis sauvage sous les vergers. Continue. Arrive au bord d’une riviére asséchée sous le soleil rutilant. Tombe sur un énorme bâtiment aux murs crénelés. Une prison ? Continue ma route. Derrière les murs, des pagodes. Une prison pour bouddhistes ? Plus loin une carriole et des touristes. Un site touristique ?

Me faufile. Entrée. Que des chinois ! Entrée chère, 5 euros pour accéder à la télevision city du conseil municipal de Dali. Demande à un touriste de Canton si c’est bien, il me répond que oui. Je prends un ticket et là… C’est le drame. Comment dire. Un genre de OK Coral asiatisant pour le coté bidon, avec un petit peu de parc Astérix pour l’entretient –c’est dégelasse-. L’endroit sert à tourner des téléfilms avec des rues japonaises, des rues laotiennes, des rues chinoises des dynasties diverses et des bâtiments bien kitchs. Ya aussi des trucs indéfinissables comme cette épée géante en plastique, la fontaine enchantée totalement fake, un mur gonflable d’escalade Pékin 2008 pour les minots. Certaines parties étaient fermées. Dommage. Je rêvais de voir le village traditionnel de la minorité –fictive- Kirikulu. Des Chinois en pagne avec un os dans le nez peut-être ?  On peut aussi se faire shooter déguisé en Japonais/Mandarin/Empereur. Avec les Nikes, c’est mieux. Ou alors faire une super vidéo déguisé en Bai sur un tapis volant survolant divers sites touristiques chinois. Pour vous faire une idée du professionnalisme du résultat, regardez sur Youtube le clip de David Hasseloff « Hooked on a feeling ». C’est dans le même ordre d’idée. Atroce !

Rentre, pionce 12 heures. Le lendemain nous partons pour le marché « pittoresque » de Shapin avec Sharon, une Israélienne rencontré au Hump. Bof. Un genre de terrain vague avec des broyeuses à piments, des étals de boucher qui font peur, des poissons encore vivants du lac. Mangeons dans une gargote tout en négociant ferme –une bonne demie heure quand même- pour acheter de l’artisanat local à une vieille qui arrête pas au passage d’essayer de me refourguer de l’herbe et du hash. Retour. Tombons sur Lin et Eric le Viking. Qui ne se quittent plus depuis leur nuit torride au milieu du dortoir qui a empêché de dormir tout le monde. Nous proposent d’aller voir la pêche au Cormoran sur le lac Errhai.

Les Cormorans en fait c’est des genres de canards noirs. Pas hostiles pour un sous. Font des drôles de bruits assez pathétiques. Ficelle autours du cou pour pas gober les poissons. Le lac Errhai est en train de mourir. La pèche est limitée à 2 mois par ans. Et uniquement au Cormoran, pour les touristes. Parfois la préfecture interdit de manger les poissons dans le coin. Mercure, plomb, produits chimiques. La traduction que j’ai fait pour le chef de mon département sur la pollution des marécages du Jiangsu était flippante. Taux incroyables de saloperies diverses. A coté de Dali il y a une fontaine aux papillons ou ils venaient se reproduire. Plus de papillons, la pollution les as tués il y a 3 ans. Le phénomène est mondial. Je me rappelle étant gosse les nuages de papillons en été à Mouchin dans le nord. Maintenant quand j’en vois un, je fais un vœu tellement c’est rare.

Le pécheur me propose de poser avec des cormorans pour la photo. Un sur chaque bras. Le contact des palmes n’est pas désagréable. Un peu comme les mygales en plastique mous des magasins de farces et attrapes. 5 kilos sur chaque poignet, les bras en croix, on fatigue vite. Oui, j’ai les photos. Satisfait de la pèche –deux énormes poissons que les cormorans lâchent à contrecœur- le pécheur fourre une ablette dans le gosier de chacun d’eux.

Un tour à la fête foraine en bordure de Dali. La mystérieuse femme-serpent dans sa tente. Approchez, approchez : 3 koueis seulement. Une mère de famille lao danse paresseusement en short avec un serpent aussi usé qu’elle. Jeux de tir avec des AK47 jaune poussins. Manèges rouillés qui grincent. Brochettes douteuse.

Vais poster un colis pour mes parents et ma tante, et aussi pour me débarrasser d’un encombrant classeur de DVD pirates : J’essaye d’alléger mon sac. Explication confuse dans le patois local. Interdiction d’envoyer plus de 10 dvd. Et un des objets du colis -un bibelot- est susceptible d’être considéré comme une antiquité par les douanes. Quand même réussit à envoyer 3 dvd de photos puisque facebook bloque toujours autant.

Dans la rue, hasard incroyable, je tombe sur Cornelius. Un allemand couch-surfer qui m’avait hébergé à Canton il y a maintenant un mois ! Et de se percher dans les montagnes pour une rando à 3000 mètres d’altitude. Essoufflement, palpitation : Rien n’a changé depuis mon voyage il y a un an à Shangrilla avec Alex et Corinna.

Perché sur un genre de nid d’aigle pour Hermite, le regard embrasse la vallée.

Sans trop s’attarder sur la chute possible, vu l’abime : Un peu comme l’Europe.

Par où commencer?

Peut être pour changer par me plaindre. De cette saloperie de clavier, le seul de mon département à ne pas etre homologué AZERTY mais qu’un lutin facétieux a pourtant mis ainsi, juste pour m’enerver. pqr exe,ple si je tqpe ce aue je vois cq donne cq; qqrghh; bordel de ,erde!!

Vous avez déja essayé de changer les configurations linguistiques d’un OS -XP- en Chinois? Moi oui. Si une bonne âme anglaise pouvait m’envoyer un tutorial avec photo sur comment remettre ce windows en anglais j’en serait fort grés. Pasque les aides pour ce faire partent du principe que vous maitrisez la langue, ce qui n’est toujours pas mon cas; obstinément.

Alors que dire d’autre?

Parmi les quelques minoritaire qui se souviennent encore de moi, les rumeurs les plus folles circulent. Je serait prisonnier des FARCS, en croisiére dans le Pacifique ou même rentré en France. C’est que je suis votre petite légende à vous cher lecteur, ou alors un contre-exemple. Un sujet de conversation entre deux demis d’amis au canal, d’opprobre abhorrée , d’offrande -merci pour les sauciflards Yann- de spéculation d’interrogations ou même d’angoisse crasse.

Enfin pour ceux qui en ont quelques chose à foutre: j’ai les noms.

A croire que si j’était en prison j’aurais au moins droit à une turlutte au parloir et à des oranges en colis tandis qu’ici des nèfles rien, keud. Mais je vais -une dernière fois- vous raconter.

Je rembobine mon cerveau. Des scènes défilent à toute vitesse, j’appuie métaphoriquement quatre fois sur le petit triangle -X32- qui pointe de manière suspecte vers la droite de ma télécommande cérébrale. Alors ou j’en était resté??? A dali je crois… Attachez vos ceinture…

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Coup de fil de ma petite Suisse préférée alors que je me demande par quel coin entamer le Laos. Anniversaire imminent, le miens aussi. Solitude du voyageur. Envie de revoir Chongqing. Convenons d’un rendez-vous. Arrive trop tôt. Acceuil tiéde du dortoir des étudiants internationaux, la plupart partis/en partiel/s’en foutent. L’hôtel est chiant. Super chiant. Intolérablement chiant. Pour m’occuper, DVD, NDS, TBJ. Ce dernier est un site de petites annonces. Tombe sur un poste trop proche de mes aspirations/ qualifications pour être honnéte. Postule un soir d’orage après un Tom Collins de trop. Recontacte le lendemain. Test. Interview deux semaines plus tard dans les locaux de Xinhua à Chongqing, toujours méfiant. Faut dire que ma dernière expérience de la presse Chinoise et des techniques de recrutement au lance-pierre était pitoyable. Fête mon 31eme anniversaire avec une sympathique Quebecoise, une bouteille de champagne, de la pluie et pas de cadeaux. Fuis Chongqing pour Chengdu puis Chengdu pour Chongqing. Monte à Xi’an tranquillement vers Pekin. Tombe sur un East Indy Londonien d’une tribu Bengali/Birmane: Said. Décidons de partager une piaule car le dortoir pue la chaussette et est surbooké. Le type est le pire geek que j’ai jamais vu: Il passera son temps entre sa NDS, la bière et les qualifications du mondial. Montons à Pingyaoh, une charmante petite ville pittoresque ou un décors pour un film de Zombi, ca dépends du point de vue… Pékin. Entretient d’embauche. Ils me veulent. Said repart pour Dahka visiter sa grande famille. M’incruste chez Anthonio.

Cheveux gras, yeux perpétuellement irrité car fragiles qui lui donnent un air de défoncés; Anthonio est un italien atypique, ventripotent, sympathique et anarchiste. Ceux qui me lisent (j’ai LE noms) savent qu’il m’avait déjà hébergé il y a de ca prés d’un an lors de ma visite de Beijing. Sa philosophie est simple et rafraichissante : « Me casa es su casa excepté que ma casa est plein de hippies en short qui font pas la vaisselle et que tu dois prendre ton mal en patience pour chier le matin ». Lui et son colocataire Henry -un chinois à lunettes arabophone et gay- animent un genre de foyer de la SPVF, la société protectrice des voyageurs fauchés. Et puis il y a Irina, la troisième colocataire qui contemple ce paysage apocalyptique d’un air consterné. Irina est une erreur de casting chez Antonio: Elle n’a pas lu les petits caractères avant de signer la coloc. Irina est aussi légére qu’une libellule portée par un courant d’air, aussi profonde qu’un traité de philosophie écrit par BHL, aussi tolérante que Sarkozy dans un edito du figaro. Mais quel cul… Quel cul mes amis.

C’est ainsi que j’ai négocié avec mon cerveau un soir fortement éthylique. Car en plus d’être un lecteur dernier cris de souvenir, mon cerveau abrite un sens moral. Soudoyant celui-ci j’ai réussit à me convaincre que Irina malgrés ses prises de position radicales : « Les hippies c’est pas des être humains »; « je déteste les bouddhistes » , « le dernier album de lady gaga est trop beau » valait le petit coup d’oeil et de rein. Il y a en elle un peu de Mathilde Seigner croisé à Sami NAssery pour l’intellect. Mais quel c…

Ok j’arrête.

Trés vite je bénéficie d’une promotion et passe du canapé douteux qui gratte au grand lit king size d’Irina qui partage son affection entre moi et BUNNY -à prononcer avec l’accent- un lapin blanc nain à qui elle parle tout les matins en russe pendant que je grogne l’oreiller sur la tête. Le salopard me déteste et je découvre trop tard qu’il monte des opérations commando pour pisser sur mes affaires lors de ses rares escapades hors de son enclot. Irina est sourde à mes suggestions de vacances anticipées pour BUNNY comme par exemple un séjour plongée dans les îles sauces moutarde ou une immersion linguistique dans le plat pays façon waterzoi. Dommage, il parait que les petits oignons et les bouquets garnis sont sublimes à cette époque de l’année.

Le boulot me rappel (de Chtulhu) et me propose, non m’ordonne, de descendre à Hong Kong pour mon visa. Une vague de suée froide portée par les évocations de mes mésaventures dans le Guangdong puis Hong Kong  -voir à ce sujet le tome add-hoc des aventures de Fennec chez les cantonnais- me roule le long de l’échine.

A mes frais, bien sûr. Et merde.

Prend un billet pour Hong Kong -26 heures de trains- emporte cette fois caleçons, liquide et chaussette. Honk Kong en mode autocuiseur pour touristes australien. Retour dans ce bon vieux Chungking mansion -In Fennec chez les Indiens tome 2- me rappel des souvenirs de type abattus dans la rue, de vexations diplomatiques et de policiers colère.

Ambassade et attente.

Nouveaux papiers à fournir rien que pour les français : je suis touché de l’attention. Surtout comme ca, par surprise, au débotté.

Depuis la visite à Shanghai d’une épave politique hongroise de petite taille battant pavillon tricolore il semblerait que la Chine rechigne -oui, la Chine rechigne et signe- à offrir l’accès à ses merveilles à tout un peuple. Sans doute la faute aux Roms. Après les sommations d’usage et les grognements je sort perplexe, en me demandant où je vais bien pouvoir souscrire une assurance voyage et faire une réservation d’hôtel. Pour me passer les nerfs j’envoie aussi un mail apocalyptique à l’inepte et incapable responsable des experts étrangers de mon agence de presse en expliquant qu’a cause de son ineptie je vais devoir arriver en retard pour mon premier jour. La réaction ne se fait pas attendre et je bénéficie d’un passe-droit pour mon visa qui finalement sera fait en deux jours.

Le temps pour moi de manger un Pho Dac Biet moyen avec Lara qui habite à Honk Kong depuis qu’elle travaille pour un grand groupe de petites culottes hollandaise  de marlies Dekker la reine de la lingérie « sexy mais pas salopes » batave.  Enfin quand elle n’est pas en Thaïlande à visiter des usines. Elle me manque autant que le bon vieux pho dac biet de Belleville.

Retour, 28 heures. Douanes plus longues que d’habitude. Oui, il se passe un truc avec les Français.

En passant une annonce je trouve Sacha une russe qui cherche un colocataire et un appartement comme moi. Nous décidons de chercher  ensemble.

Visite d’appartements: A boire et à manger. Deux colocataires potentiels se désistent. Au pire moment.  Début du boulot. Trouvons finalement un trois pièce à 650€ par mois ce qui est raisonnable à Pékin depuis les JO. Trouvons finalement un troisième coloc Francais aprés avoir casté deux-trois boulets. Louis est un chti-pied noir étudiant en commerce, fan de star wars et de bières belges.

Hier j’ai reçu mon premier salaire et après un mois de visites d’apparts, de postes de polices et d’administrations diverses pour raisons de ptits papiers je peut enfin commencer à me prétendre installé et victime d’une sorte de routine pour la première fois depuis… Pfui, au moins 5 mois.

Irina rentre en Ukraine et m’a confié Bunny. Aprés plusieurs jours de négociation infructueuses avec l’intolérable animal je refile Bunny à une collègue.

Le boulot: Je travaille pour Xinhua, le ministère de l’information/agence de presse/ média unique de Chine. Mon descriptif de poste est « expert étranger » ce qui veux dire que je suis SR -secrétaire de rédaction-, traducteur, montreur d’ours ou tout autre fonction le cas échéant. Mon contrat m’interdit explicitement de travailler ailleurs dans la presse -c’est courant- ou de me revendiquer ou d’effectuer tout acte de « vrais » journalisme tel qu’interview ou reportage -ca, ca l’est beaucoup moins-. Je travaille à des horaires fluctuants -l’info se marie mal aux heures de bureau- qui vont en gros de 10h du mat à 11heure du soir, 5 jours par semaine. Nous sommes censés être trois sur le poste en rotation mais depuis le départ de mes deux derniers prédécesseurs je suis seul et déja épuisé.

Tout cela ne me laisse pas beaucoup de temps pour profiter de Pékin mis à part d’éventuelles virées bières et un resto à l’occasion.

Mes relations avec ma chef -qui mérite d’avoir sa photo en couverture de « Salope passive-agressive magazine »- sont tellement mauvaise que j’ai très sérieusement envisagé de démissionner. Il parait qu’elle épuise les gens en 6 mois à chaque fois. Je commence à vraiment croire les gens qui me qualifient d’emmerdeur écorché vif ultrasusceptible paranoïaque grognon car j’ai déjà envie de la tarter.

Le pire: Elle essaye de me prouver que j’ai fait une faute en allant mendier une approbation au service voisin. Ce qui n’arrive jamais car je fait bien mon boulot.
Je commence à en avoir marre de me cogner des sous-chef agressives et pas professionnelles depuis toujours.

Vous vous alors demandez sans doute pourquoi ce texte est truffé de fautes comme la compta de Liliane Bettencourt? C’est trés simple, je suis feignant. Si vous m’achetez mes élucubrations dans un livre je vous promet de me relire au moins une fois. Allez deux fois.

Mais seulement si vous m’achetez le gros Albin Michel à Carefour avec le bandereau rouge de promotion qui va bien avec des commentaires ineptes du genre:

« Comme stupeur et tremblement mais en bien » Oprah Winfrey
« Un livre choc trop rock and roll » les Inrocks
« Argheuuueueuueueueueuee. Nono aime bien! » Libération
« Pas assez chrétien-démocrate pour être génial, mais juste assez antisémite pour avoir 3 étoiles » Telerama
« Pas assez national-socialiste pour être culte; mais juste assez anar de droite pour lui accorder le bénéfice du doute » Le Figaro littéraire
« Une nouvelle bible, un nouveau messie illuminé » Fennec Magazine

 


Les aventure de Fennec-san au Japon,

Un hommage pour la sortie du nouveau James Elroy qui clôture cold 60’s.

Je me lève lourdement, manque de me casser la gueule et embarque mon paquetage d’un pas lourd. Cherche un taxi sous les néons. Dois donner l impression avec mes deux sacs d un parachutiste des 50’s qui fait le tapin dans la nuit. Train pour Nanjing à regarder paresseusement le paysage Chinois nocturne –la nuit noire- défiler. Chaos de la gare de Shanghai. Je me repère sans problème. Taxi fou qui manque d écraser 10 personnes. Me dépose dans un quartier glauque, de l autre coté de la rive prestigieuse de Pudong. Le dos de la carte postale, avec ses baraques branlantes, attendant que la bonne fée spéculation fassetabula rasa du passé de la ville.

Embarquement, saut dans ma cabine pour y poser mon balluchon et mon énorme sac de nouilles instantanées, gésiers de canards séchés en sachet et autre viandes douteuses au piments. Un gros bateau avec 4 pontons. Partage ma cabine avec 2 japonais que je ne verrais pas du voyage. Me poste sur le pont supérieur, appareil photo chargé, prêt à shooter. Là, un couple d Israéliens qui vient de finir 3 ans chez Tsahal –la femme a choisit un service civile-. Le mari parle avec un fort accent un bon Français. Il a la triple nationalité USA-Israël-France.  Ils vont dans un monastère apprendre le Zen prés de Kyoto.

Le bateau se met en mouvement, le mec commence à me parler de son pays. Sur le fleuve les péniches remontent, chargées de charbon pour les centrales thermiques. Une main anonyme a marqué les monticules de caractères argentés indiquant leurs destinations. Je pense au dripping aux coins des rues parisiennes. Ici la Chine apparaît sous un autre jour mécanico-industrielo-guerrier. Grues énormes, containers à perte de vue, super tanker, croiseurs de combats. Le type Israélien commence à me parler des arabes de Frances. J ai le mal de mer sur un fleuve.

Le soir, nous atteignons l’océan. Un an et demi en Chine, et je vois la mer pour la première fois. Photos sur le ponton. Vent fort, mer agitée, un grain se prépare. Me rappelle d une autre vie à Bandol et des conseils du prof de régate. Froid faim frousse fatigue, les 4 F, ceux qui donnent le mal de mer. Je descends au restaurant, commande un curry Japonais prohibitif -4€- pour me caler. Le truc qui arrive ressemble à un truc déjà digéré par quelqu’un mais s avère relativement bon. Chinoises malade, Japonais qui se pintent à la Asahi. Version Chinoise sous titrée japonaise –ou l inverse ?- de Slumdog Millionnaire. Eviter despoiler ce film –je me le garde pour un jour de déprime- en Chine est un exercice à part entière. Plus tard je monte au 3 eme pont réservé à l élite. Me glisse dans un délicieux Onsen, verre de Vodka et guide de voyage à la main tandis que la houle fait rage. Mais j’y reviendrais.

2 jours passent.


 

Réveil foutraque, la langue pâteuse. La clim déconne, il a fait horriblement chaud dans ma cabine. Petit déjeuner chinois gratuit. Non merci, café seulement. Paquetage, contemple mes réserves évaporées de bouffe. Carton sanitaire anti-H1N1 a remplir et prise de température sur le pont principal. Salle internet, et facebook non-bloqué, discute avec un canadien qui me refourgue tous les lonely planets d Asie en PDF. Sur le pont supérieur, je vois un sous-marin, des iles inhabitées dans la brume. Le Stewart vient me demander où je loge au Japon pour l’émigration. J explique qu’on vient me chercher et que je n’ai pas l’adresse sur moi. Grosse erreur.

Files d attentes de l émigration dans une salle aux murs jaune pisse. Je suis premier. Me fait refouler car j ai oublié de remplir un carton. Retour au bout de la ligne. Des Chinois patientent avec d’énormes bidons d’huile à friture. C est si cher que ca le Japon ? Retour au guichet. Adresse au japon ? Je réexplique. On me demande de passer dernier. Me voilà dans le bureau de l émigration. Reflexe de Français, j enrage à l idée d être considéré comme un clandos dans ce pays. Même questions. Avec moi, les deux Israéliens, avec leur adresse du monastère griffonnée en hébreux pour seul lieu de résidence.

Trop tard pour piocher une adresse au hasard dans mon guide de voyage. Oui, je suis invité à un mariage de Ken F, oui quelqu’un m’attend au débarquement et a l adresse.  Non, Ken n’est pas Japonais, oui, sa femme l’est. Oui, j ai le numéro de Ken sur Internet. Non, ils ne veulent pas me laisser accéder à Internet. Trois fois. Un type se penche vers les Israéliens et leur parle du monastère. Il connaît. On relâche les Israéliens avec leur passeport louche de contrebandier estampillé Israël-Goa-Népal-Thaïlande-Laos-Chine.

Je perds patience, explique que le site internet de l ambassade du Japon à Paris ne mentionne pas toute ces conneries et qu’une simple visite dans la salle d attente ou sur Internet dissiperait le malentendu. La connasse de la réception roule des yeux fous en répétant «  c est votre faute » en Anglais. Elle pue la haine. C est trop d humiliations pour moi. Je me lève de ma chaise et hurle en Anglais « Je veux parler à un représentant de mon ambassade, et remplir une plainte contre vous MAINTENANT. C est une détention et une procédure abusive, j ai des droits et des relations diplomatiques ».  Du pipeau, mais comme dis Papa, « le pipeau n est grave que si on se fait chopper ».

Gros silence.

 

Le type qui avait l air sympa avec les Israéliens passe la tête hors de son bureau. Se rapproche. Demande si je connais ce type ; Un certain Ruben de Hollande ou d Allemagne. Oui, je connais Ruben de Belgique, il est invité au mariage aussi. Le gars sourit. Oui, il disait exactement la même chose. Ils l’ont gardé trois heures. On me rend mon passeport et me souhaite bon voyage au Japon. J’entend presque les dents de l Ubermenschenfurher d’Osaka grincer. Patricia a une sosie à l autre bout du monde, liée à elle par le fil astral de la médiocrité haineuse administrative.

Passablement énervé je prends le couloir. Grande salle. Une bonne vingtaine de paire d’yeux sur moi. Dont 4 appartenant à des bergers allemands. Je me demande si ils sont les seuls à remuer la queue en me voyant.

. Quoi que je dise, quoi que je fasse, que je sois fracasse ou à la masse, j’ connais mon bizness par cœur, j’termine à poil. Sinsemilla (ce n est PAS, une assoce de dealers de came).

La douane, bien sur. Je repense à celle d Espagne qui nous avaient il y a quelque année piquée un sachet d’herbe, un briquet et un bang. Au moment de sortir des locaux, le fonctionnaire Ibérique s apprêtait à entamer sa soirée thématique Bob Marley. Merveilleux métier.

Chien qui me renifle le cul –j’y cache du shit parfois-. Ouvrage de sac et questions débiles. Le fonctionnaire ouvre méticuleusement et replie tout, range ce qu’il pioche poliment. Exactement le contraire de la volante qui vous laisse avec un bateau en cale sèche payante, une voiture dépecée à la tronçonneuse ou un tas de fringue avec les chaussettes sales au sommet et lance « bon remballez-moi tout ca fissa ». Merveilleux métier.

Alex attend depuis deux plombes. Metro d Osaka avec son tarif personnalisé pour chaque station –tarif minimum 2 euros-. La guest house. La piaule des males –Ruben, Philipe, Alex, Daniel, Jo- sent l’étable catalane en aout. Ils m’ont laissé un futon dans la chambre de Daniel, le Colombo-Allemand qui ronfle comme mon ex Joanna. Ca promet. Resto et premières raimens .

Visites des puces d’un temple, une fois par mois, par chance aujourd’hui. Pas mal de merde dans ces puces, un peu comme dans toutes les puces. Me démène et trouve une grenouille au regard paillard pour Martine Marie Jeanne San –ma maman- et un maneki neko pour Lara de la table de Monsieur Eiffel.

 Un maneki neko –chat qui invite- c est un chat qui lève la patte, un peu comme si il faisait un salut nazi ou comme si il jurait à un procès. Comme Maurice Papon quoi, mais version esprit bénéfique plutôt que criminel de guerre. Heureusement pour lui, le maneki neko n’a pas de légion d’honneur. Et son rôle dans la biographie de De Gaule est marginal. En prime, le félin attire les gens dans un endroit et éloigne les mauvais esprits, genre clients bourrés, répression des fraudes et cie. L’âme du chat est bénéfique dans le folklore japonais et je me dis décidément qu’un peuple qui aime les chats, les bains chauds et le thé ne peut pas être foncièrement mauvais.

 

Croisé un vendeur de survet’s Ivoirien qui a fait le marché de Barbes dans le temps –wtf ?-, des gamines en uniformes, une spécialité locale dégelasse, des patates à 3 euros le kilo, des poissons et des poulpes séchés, un dieu-serpent blanc dont un bateleur revend la peau miraculeuse très cher.

Faut pas trainer. Le soir c est enterrement de vie de garçon de Ken dans Namba, le quartier chaud et rouge. C’est Alex et moi qui nous y collons pour l’orga. On improvise une pancarte avec un truc du genre « Je suis célibataire pour la dernière fois ce soir » en Japonais. « Du genre » car il n y a pas d équivalents sociaux, sémantiques, et festifs à l enterrement de vie de garçon au Japon. Liste de gages cons. Bar avec boisson à volonté comme objectif.

Ken arrive. On lui met un bandeau sur les yeux, des oreilles de Mickey Flashy et la fameuse pancarte. Dans le métro, tout le monde s’en cogne et il faut vraiment aller chercher des gens pour la photo et leur faire écrire des trucs sur la pancarte.

Exactement le contraire de la Chine. Ici personne ne te dévisage avec un visage stupéfait, ne te suis dans la rue ou ne fait signe du coude à sa copine quand tu passes. Ca fait du bien.

Nous arrivons au point G. Un pont dans Namba. Encore quelques photos pour notre star d un jour. On enlève le bandeau. Direction le bar. All you can drink pour 2 heures et 30 euros. Le problème : Un Français/Belge/Canadien/Italien/Americain/Neo Zelandais/ ca picole pas comme un Japonais. Le problème : Les occidentaux ne tiennent pas le saké.

Le saké, c est comme le baiju, l’absinthe ou le chouchen. Ca attaque le centre de gravite tout en te faisant croire que t’es pas bourre du tout. Et le lendemain t as l impression qu on a teste des frappes tactiques nucléaires dans ton crane. Kevin, de Nanda, en fera l’expérience à Kyoto.

 

Deux heures plus tard, sortons du bar. Retournés. Buvons le Champagne que j’ai ramené dans des barquettes en cartons chipées au Seven Eleven du coin. Cigare. Faisons marcher Ken qui ne tient plus trop debout. Dans la rue, des belles de nuit chinoises et japonaises se prêtent au jeu des messages sur la pancarte. Echange de fringues entre Francesca et Ken. Ken en mini-juppe. Griffonnage de connerie sur Ken au marqueur. Un bar Irlandais. Ca tangue. Chongqing song à la guitare, un peu notre hymne national à nous. Gage pour Ken. Jouer une scène du seigneur des anneaux de son choix. Gollum will kill them all, especially the fat hobbit, he tried to kill us. Le frère de Ken arrive. Promenade, chips pour éponger. On propose un karaoké. Je décide de rentrer avec Corinna en taxi. 18 euros pour 4 kilomètres. Le chauffeur se perd, comme tous les taxis Japonais. Système d’urbanisme illogique, non-métrique, clanique, par quartiers aujourd’hui disparus.

Le lendemain je suis seul. Ils sont partit à Kyoto. J’ai demandé à me lever tard pour rattraper mon sommeil. Mal de crane à en craindre l AVC, langue comme un gant de toilette. Ca tangue. Je sais aujourd’hui que c est une réaction normal aux deux jours en bateau plutôt que la faute à l alcool. Alors même que je vous écris, mon corps se balance en suivant un reflux qui n existe pas. Ca tangue.

Visite du Château d Osaka seul. Images projetées dans des miniatures qui reconstituent les scènes. Un peu comme les communications dans Star Wars.

Mais au lieu de dire « Aidez moi Obiwan, vous êtes mon seul espoir », c est plutôt « Tu vas crever traitre car tu as peté pendant la cérémonie du thé de ton Daimo. Tu me dégoutes, tient voilà un tanto, éventres-toi toi-même. Et fait ca proprement, la femme de ménage portugaise s’est plainte ». Au sommet, vue imprenable sur le filet de sécurité anti-suicide. Comme dans mon hôtel. Ca tangue toujours.

Promenade dans les rues. Ca tangue moins. Tombe sur un magasin de Katana hyper cher. Besoin d’être étranger ou d’une licence pour acheter un katana, un tanto ou un no-dashi. Oui, jouer à 5 rings ca paye. Et uniquement avant de quitter le pays. Dans les années 60, les meurtres politiques au sabre n’étaient pas rares. Un Anglais jovial m’explique tout cela. Il vient de claquer  6000 euros en Katana. Kill Bill ou simple serial killer en congés payés ?

Me perd. Tombe sur un head shop qui vend bang, encens, tee-shirts tirés de crumb et cie. Le vendeur est sympa, à l image d’une jeunesse Nippone pour qui l’ascenseur social et la méritocratie ressemblent à une blague scato. Je me sens proche à ma manière de lui. Ici aussi ils ont leurs Starac’ et leurs Jean Sarkozy. Retourne à l hôtel. Mange un bento, un genre de lunch box avec maquereau, riz, poulet pané. Dors, épuisé.

Le lendemain, rasage, costume, nœud de cravate. Sortons de l’hôtel. Impression de scène d un film de Kitano. Trouvons le lieu du mariage. Une élégante salle aux airs d’hôtel de ville 19eme. Cérémonie Chrétienne. Le père de Ken est missionnaire au Japon et jadis aux Philippines. Leur église, la famille de Jésus, malgré un nom très « mansonnien », fait plutôt dans le lutherisme discret BCBG. Nécessaire speech sur la nécessité d’aimer et le ménage à trois Homme-Femme-Jésus. Le couple chrétien est échangisme, par définition. Vous pouvez vous embrasser. Applaudissement. Café, petits gâteaux, photos, serrages de mains. C est plein de jolies filles ici aux coupes élaborées soulignant des belles nuques graciles et gracieuses. Tentative. Echec. Re-tentative. Echec. Abandon. Trop faim pour ces conneries.

Plan de table. Dans un coin, tous ensemble, avec le frère et deux amis japonais anglophones. Vidéo commémorative. Speech d’une vénérable professeure se remémorant Kevin et Haruka bambins, speech du voisin, des parents, un autre prof. Leur histoire, bien qu’interrompue quelques années, est ancienne. Ventres qui gargouillent. Très émouvant discours de la belle mère de Haruka « Je serait la meilleure belle-mère possible, c’est-à-dire, la plus évanescente possible. Je t’accueille comme une fille Haruka.». Emotion. Bénédicités.

Buffet démentiel, blanc de blanc pas bon. Beaujolais nouveau Duboeuf –wtf ?-. Sashimis, sushis, petites bouchées de  rosbif sauce au vin à la truffe, poissons grillés, vérines de gaspacho au caviar, Asahi. Pieuvre crue. Coca-cola, gâteaux. Table dévastés dans le coin des estrangers. Ailleurs, bouteilles en place, conversation discrète. Sensation implicite et étrange de trop de solennel. Mes souvenirs d autre mariages avec des jeux vulgaires, des oncles de province petés et cirrhosés qui raconte n’importe quoi, resurgissent. Souvenir de dance, de libations, d’adultes désinhibés et d’enfants en roues libres, de concerts, d ambiance façon fin d albums d’Astérix.

Ken joue pour sa dulcinée avec son meilleur ami. On entame encore la « Chongqing Song ». Scandale feutré Balzacien et offuscation discrète.

8 heure. Départ. Les amis Japonais ont organisés un after. Hôtel, réajustement. Corinna cesse de ressemble à Madame Doubfire croisée avec Margaret Tatcher. Un pub avec une décoration Européenne et une atmosphère cosy. All you can drink, again, plan de table again. Questions-réponses d’un quizz en Japonais. On s’en fiche, nous on boit, on rigole. La pression retombe. Cette horrible sensation, comme ces rêves ou tu découvre trop tard que t’es a poil mais personne te l a dis. Moi je suis chaud, peut être pasque j ai plus envie de plaire à ces jolies filles qui fuient mon regard comme si j était un exhibitionniste dans le métro. Peut être a cause du saké tiéde, aussi. Bingo, histoire de rattraper le coup avec un truc qu’on peut gagner, nous les gaijins. Proposition de Karaoké de Timmy, l’ami de Ken.

On se laisse convaincre, Daniel, Ruben, Timmy, le meilleur amis de Ken et moi. Partons avec une bonne demi-douzaine de Japonais. Au karaoké, on tourne la tête et se retrouve seul entre occidentaux. Etrange. Prenons une cabine. En descendant, tombe sur le groupe de Japonais. La sensation moite et inhospitalière revient. Questions. « On allait vous rejoindre ». Mensonges, demi-vérité d’Asie. Je commence à sentir assez bien cet implicite là. Trop tard pour ces conneries.  Réajustement de la situation devant l énormité du bobard « On voulait vous laisser car vous ne parlez pas Japonais ». En Japonais, un non-nippophone c’est un Gaijin, un barbare. L équivalent du météque quoi. D’un seul coup le message me frappe avec toute la haine de son implicite « La mascarade de l amitié entre les peuples est terminée, nous on ne traine pas avec les meteques ».

Même Ruben, d une grande patience et d’une grande compréhension toute batave, est choqué. Quelque chose de bien plus choquant qu’une insulte. Quelque chose qui nie d’où vous venez, qui vous êtes, et ce que vous pourrez jamais être. Soudain, vous êtes comme un singe demandant le droit de vote à un prix Nobel.

Le chapitre patriotique anti-Japonais sponsorisé par le ministère des armées Chinoise.

85% des Japonais pensent que l’essentiel des actes criminels vient des migrants. Le taux d’immigration atteint péniblement 1% au Japon. Un chiffre jugé « insupportable » et qui fournis l’argumentaire d’une extrême droite particulièrement réac, qui prétend par exemple bombarder Manhattan avec la bombe H en représailles –La soka Gakkai-. Etre un Japonais étant une prérogative à l’introduction dans le crime organisé local, les fameux Yakusas, on peut affirmer que statistiquement, les Japonais sont 4 à 5 fois plus racistes que l électeur Varois moyen. Le savoir est une chose, le vivre, une autre. Ce n’est pourtant pas totalement leur faute puisque, contrairement aux allemands, les crimes de leur peuple tiennent en une ligne dans leurs manuels d’histoire. Et leurs criminels de guerre dorment au chaud dans leurs panthéons militaires. Je n avait pas d avis concernant le débat autours de la remilitarisation du Japon qui s’amorce. Maintenant c’est non, non et NON !

 

Dernière minute ; D’après le douteux China Daily d’aujourd’hui, le Japon commence a entamer des pourparlers sur le sujet. Pour les chercheurs Japonais il n’y aurait que peu de preuve que le génocide de Nanjing ait dépassé les 20 000 morts. Les autres ont du partir au ski. Ca porte un nom bien dég : le négationnisme. Même si la Chine s’y connaît aussi un rayon en négationnisme.

Retour au sujet.

J’ai beau être assez pompette, je repense à Nadika la belle Serbe. « Si tu savais ce que les Japonais pensent de toi, tu les détesterais comme moi, ils nous haïssent profondément et viscéralement. Nous ne sommes pas humains pour eux ». Nadika est bouddhiste très pratiquante. Elle cultive l’amour au quotidien. A pratiqué le Japonais pendant des années. Elle refuse de parler la langue. Le Japon lui inspire une horreur absolue. Ca sent l expérience traumatique majeure. Maintenant je la comprends.

Trop de Kerouak tue le Kerouak, et trop de Whisky tue le Bukowsky.

Sur le coup je suis pris d’une colère noire, plus envers ma naïveté –moi et mes fantasmes de voyageur romantique- qu’envers les goujats. Désormais je serais distant. S’en tenir à une socialisation de façade sans illusions. Ne pas essayer de toucher, ni même d’effleurer. Mon erreur aura été de croire aller plus loin que le superficiel. Le pire : ils veulent rentrer avec nous en métro.  Entretenir une parodie de fraternité ? Impensable pour un Français. Ou au moins pour moi. Pour Kevin je suis une parodie de Français et c’est ca qui plait aux filles. Je me demande bien lesquelles.

Je me casse de la rame… Me perd. Trouve un taxi. Oublie. M’endors. Et le lendemain…

A suivre.


Un plan simple

Je me casse de Nanjing. Direction le sud, puis le Nord. Devant moi ; Une route qui sera faite de frustration, de courses-poursuites, de trains ratés et de pieds qui saignent. Mais je ne le sais pas. Pas encore.

Entasse, trie, donne, range. Empaquette, jette. Expédie, stock, détruit. Tente de revendre des trucs.  Dé-freeze mon frigo. Veux partir vite. Perdu un mois à cause d’une connasse. Un mois à être là sans y être, à laver mes caleçons dans le lavabo, à annoncer mon départ sans partir : Mon propre petit enfer. Et, plus le temps passait, plus la torpeur provinciale de Nanjing me semblait devenir un piège gluant. Finalement, je n’ai pas eu le boulot. Renouvelle mon visa : Attente dans une salle surchauffée, tampon, certificat policier. Sans le savoir j était clandestin depuis 6 mois en Chine car ma guest-house ne m’avait pas déclaré !

Arrive le samedi, mon dernier, avant de sauter dans le train le lendemain. Décide de passer au Castle, la boite expat’ de Nanjing pour un dernier verre et pour saluer une dernière fois les lieux. Coronna, Heineken, shots de Tequilla. Types qui te connaissent à peine qui te tapent dans le dos et te demandent comment ca va et se cassent pendant que tu réponds. Filles qui dansent en se frottant entre elles pour avoir l’air chaudes. L’une d’elle se frotte à moi, une chinoise incroyablement familière. Mercredi prochain elle se marrie, elle est venue de Heiffei avec ses copines Françaises, Russes, Philippines –me gusto- pour sortir de sa petite ville de province si chiante. Danse collé-serré avec elle. Lui empoigne son petit cul ferme et enfonce ma langue dans sa bouche pendant qu’elle soupire. Lui mordille les lèvres, elle presse ses hanches contre ma taille. Jamais compris les mariés. Mais bon, moi c’est sa pote Philippine qui me plait. Shot de tequilla, Gin Tonic, odeur de hash dans les chiottes. D’autres type me demandent des nouvelles et se cassent. Faut que j’apprenne à répondre « Ca va » quand on me demande « comment ca va ». Arrive Maiwenn, déception amoureuse immature et sosie de Maude. Tsing-Tao, carnet de note qui tourne pour des messages de départ sans intérêt pour la plupart. La chinoise écrit sur mon carnet « Hat wise : unforgettable. Soul wise : I don’t know ». Maiwenn écrit « je souhaite qu’on reste amis ». Tequilla, Gin tonic, Coronna. Trop bourré pour la philippine et la chinoise me gonfle. Conversation sans intérêt avec Maiwenn. Propose de la raccompagner. En route, elle part en gueulant. Même pas mal. Même pas malmené. Même : Rien à foutre. Retour en Zigzag. M’effondre et ronfle.

Le lendemain. Cours m’acheter des trucs à bouffer dans le train. Entasse ma vie dans 3 énormes sacs et saute dans le taxi. Le tableau de bord est plein de smileys.  Je réalise que je n’ai plus de chez moi et 30kg d’affaire à porter.

Un plan simple. Descendre avec Lara dans le Guangdong en bas à droite de la Chine. Visiter avec elle une usine. Remonter au bout de 3 jours pour Pékin. Entretient d’embauche pour un poste de traducteur. Si job : trouver un appart, des amis, des colocs. Choose life. Choose a job. Choose a career. Choose a family. Choose a fucking big television, Choose washing machines, cars, compact disc players, and electrical tin openers. Si pas Job : Choose DIY and wondering who the fuck you are on a Sunday morning.

Qui est Lara ?

Lara est une amie. Eurasienne Franco-Vietnamienne. Taches de rousseur, yeux noirs, cheveux coupés courts. Sourire doux de Toulousaine. Un brin paillarde et rigolote. Après des études de finance elle a dirigé plusieurs usines en Asie, a Nanjing et au Bengladesh. Patronne du meilleur restaurant Français de Nanjing. C’est là que je l’ai rencontré pompette un soir de 14 juillet 2009 organisé par l’alliance Française après avoir tenté maladroitement de faire de l’œil à sa fille de 19 ans. Lara  descend dans le Guangdong pour visiter des usines en mission de  consulting. Elle a gentiment accepté de m’ouvrir des portes pour un article. Après sa visite dans le Guangdong, elle part aussi pour un entretient d’embauche à Honk Kong pour un juteux poste pour un grand groupe de lingerie néerlandais. Elle –aussi- aspire à quitter le calme engourdissant de Nanjing, ses expats chiants, son climat abrutissant et son jolie lac.

Wagon de premiere vide. Branche l’ordi et regarde « Election 1 » de Johnny To. Que je vous conseille chaudement. Soupe en sachet. Café. Bières. 23 heures passent. Gare du Guangdong. Taxi et chambre à l’hôtel 4 étoile. On sort pour manger, le marché est assourdissant et tout le monde cours. Il y a eu une bagarre et 300 chinois regardent un type qui se masse le cuir chevelu en sang. Pas trop compris qui l’avait tapé : Les flics ou un autre gars.

Le lendemain visite guidé de l’usine flambant neuve. De la fenêtre on voit les champs. L’ingénieur textile Français qui me fait la visite –Jibé- est un ami et ex-collègue de Lara. Nous sympathisons. Il m’emmène dans une autre usine plus… Chinoise. Avec un taux de defect assez affolant. Murs dégeux, organisation du travail anarchique, des générateurs vrombissants, pièces mal ventilées. Dans le magasin, un gosse de 10-12 ans prépare les commandes. Jibé gueule. Le gosse se casse.  Déjeunons avec le patron de l’usine. Brochette de Satay fadasse, nouilles pleines d’huile. Le lendemain, déjeuner avec le patron de l’usine neuve. Le chauffeur de l’usine me dépose en BMW devant la gare du bled. Dans ma poche, les horaires de trains imprimés. J ‘ai le temps mais je dois passer par Canton à quelques kilomètres pour faire la correspondance. Dongguandong, c’est trop paumé pour un train direct.

A Canton, foule étourdissante : veux acheter un billet. Non, fallait descendre à Canton-est. Plus de trains. Achète un billet de train pour le surlendemain, seuls tickets encore disponibles. Appelle la première adresse cheap du guide du routard, saute dans un taxi. La piaule sent la pisse de chat et le renfermé très fort. Les draps sont moites. 8 lits, un seul autre occupant. Un Singapourien flippé entre fin de master et début de service militaire qui a décidé de partir à l’aventure, la vraie. Celle qui sent bon le pipi de chat, le hall de gare et les draps moites. Le-vent-fou-et-exaltant-de-la-liberté-dans-le-soleil-couchant. Et sa petite sœur si souvent reniée : La gastro sévère dans un bus en rase campagne.

Email l’employeur pour le prévenir de mon retard.

Je sors chercher à manger. Croise un resto qui vend du crocodile au détail. Hésite. Part. Revient. Commande 250 grammes de viande et regarde songeur la patoune de la bête se faire déchirer au hachoir. 10 euros pour ca ? Pas terrible. Un genre de poulet croisé veau. Fade mais maigre. Revient à l’hôtel.

Pendant que le Singapourien -les yeux brillants du novice- me demande de raconter mes souvenirs de vieux Fennec de terre je pense en mon fort intérieur, qui est aussi mon point faible : Mais nan c’est cool, tu reviendras la tête pleine d’images et le foie plein d’amibes. Arrive Christophe, un Français fou qui a décidé d’aller au Tibet en vélo. Tout cela ressemble à une cession exceptionnelle des psychédéliques anonymes mais on s’amuse. Tout ce petit monde se couche dans la joie, la bonne humeur, et les moustiques dopés aux stéroïdes du Guangdong.

Le lendemain, réponse de l’employeur. Il n’est pas disponibles pour un entretient avant Lundi. Décide de rester à Canton, jusqu’à dimanche, moins cher. Envisage désormais de me faire un nouveau Visa à Hong Kong au passage.

Christophe a convaincu le Singapourien de voyager avec lui. Et moi le Singapourien de m’aider à changer mon billet. Trois heures plus tard j’ai un billet pour Dimanche, un contact pour mon visa à Hong Kong. Appelle Lara à Hong Kong. Qui appelle le contact. Qui me jure mordicus qu’il peut m avoir un VISA entre vendredi et samedi. Pas cher. Nous passons l’aprèm à Xinping, le marché médicinal de Canton. Ou tout se vend, et surtout les choses les plus étranges. Quitte à regret mes compagnons rigolards en route pour Kunming. Les salauds.

Le lendemain. Parcours des kilomètres de galeries de vente de grossistes en jouet made in Guangdong. Achète un sac de couchage ultracompact et un futal de trecking pour 30 euros. A Canton, tout se vend et s’achète. La ville a des magasins improbables –mon préféré ? le type qui vend des roues de kaddy- et des galeries marchandes entières de démonstration de produits pour grossistes.

Nouveau plan : Descendre à Honk Kong 24 heures, nouveau visa, retour à Canton, prendre le train. Aller à l’entretient, choose life. Je prépare un sac allégé de teuffeur. Dedans : big brother mon appareil photo, paire de chaussettes, sweat-shirt pour le soir, chemisette et un caleçon. Laisse mes 30 kilos à l’auberge de jeunesse qui sent le pipi de chat. Reserve à la guest house Hollywood à Chungking mansion. En franchissant la frontière, je brule mon visa. Désormais il me faut un nouveau visa pour récupérer mon sac.

A Hong Kong il y a encore plus de racoleurs indiens et de dealers nigérians que dans mes souvenirs sur Nathan’s Road. Dans le hall, deux minettes pas rassurées m’interpellent. Elles m’ont vu sur le site cousurfer.com. Elles flippent dans leur guest-house que leur taulier, un nigérian, les violent ou volent leurs sacs. Ou l’inverse. Les rassurent. Monte prendre ma chambre. Le croisement clean entre une cellule d’hôpital psychiatrique et de prison. Mon contact, un Tibétain louche est là, aussi. Pas possible de m’avoir un visa avant Lundi : C’est  congés nationaux à Hong Kong. 5 jours par ans. Moi, j’ai un train Dimanche à prendre. Cours au Chinese travel service de la gare. Ils veulent 150 euros pour un VISA de un mois. Je reviens. Accepte l’offre du Tibétain louche. Me retient de lui coller mon poing dans la gueule pour son mensonge à Lara. Me voilà partit pour 4 jours à HK avec une chemise déjà limite cracra, un caleçon et une paire de chaussette. Croise deux allemands qui bossaient chez Siemens à Nanjing, et une étudiante monégasque de l’université de Nanjing coup sur coup dans le hall de Chungqing mansion. Dors mal dans ma cellule, bercé par les hurlements de backpackers dans une langue que je n’identifie pas.

Un topo sympathique sur le fascinant buiding qu’est Chungqing Mansion ici :

http://en.wikipedia.org/wiki/Chungking_Mansions

Et je vous conseille aussi le superbe film de Wong-Kar-Wai de 1994 :  Chungqing Express.

Le lendemain, me promène sans but. Mes Caterpillar payées une fortune commence à se faire la malle après seulement 6 mois de services. A partir de ce jour, mes pieds vont devenir une source de souffrance permanente, au point de me faire boiter comme une racaille sans amour-propre. En plus, le crocodile est revenu se venger avec la petite sœur du vent-fou-et-exaltant-de-la-liberté-dans-le-soleil-couchant.

Un gars Français a posté un truc sur couch-surfing : Sacha est bloqué comme un con aussi. Se donne rendez-vous devant Chungking. Il arrive avec Berny –j’aime les hyènes- un volubile Gabonais rigolard croisé dans sa guest house. Ils se prennent une teille de whisky, je décline. Ferry. Nous voilà à Long Kwai Fong. Le quartier des bars de l’ile de Honk Kong. Ils prennent une bouteille de vodka. Je leur fais un vodka-tonic-bouteille-d’eau dans un park à proximité. Rencontre avec les expats Français de HK. Les trou du cul de Shanghai ont des soucis à se faire : la concurrence pour le prix du plus gros blaireau colonial est rude ici. Mes compagnons d’infortune dansent à proximité de ce qui pourrait passer, vu le tonnage et l’ancienneté, pour un super-tanker battant pavillon de complaisance panaméen. Du lourd. Je décide de me casser. Berny, complètement peté, me propose une excursion bière-vespasienne en devisant gaiement des femmes et du cours tardif de leur vertu. Et des propriétés aphrodisiaques des calypigiques danseuses. Dans les toilettes publiques un flic prend sa pause et vide sa vessie.

Et là, c’est le drame.

Berny tapote sur l’épaule et lui demande très distinctement « Is it big or is it small ? Mine is big ».

-Il y a deux trucs avec lesquels on ne rigole pas avec un chinois. C est Taiwan et la taille des Zizis. –

Le type hurle « papier, papier, mains sur le mur, immédiatement ». Berny essaye d’expliquer. Je lui ordonne de la fermer. Le mec est chaud, il veut nous embarquer. Et bien au chaud au poste, probablement nous coller deux-trois torgnoles.  Je plaide sa cause. Me retrouve sommé de montrer mes papiers. Mais j’ai filé mon passeport au Tibétain pour le visa. Baratines, m’excuse, justifie. Le flic me donne 30 secondes pour déguerpir. Je déguerpis. Avec Marcin, un polonais format poid plume mais gosier Eltsine qui comprend d’un regard l’urgence de la démarche. Taxi. Sur Nathan’s road propose une bière à Marcin. Un mongole –oui, de Mongolie, pas de Saint-Anne- vient nous gonfler et je le sommes de se casser. Il me court après avec un couteau. Satisfait de l’incroyable succès de ma soirée Hong Kongaise digne d’une hidden track des Svinkels, je m’endors dans ma cellule carrelée devant garde à vue avec Serrault et Ventura sur TV5-Monde.

Le lendemain je reprends le ferry. Dehors il y a des milliers de Philippines qui dinent tranquillement au plein air assises sur des cartons en causant de leur douce et belle langue, le tagalog. Des banderoles du syndicat des travailleurs Philippins et au fond, une scène avec un talent show. Que des femmes. Au bout d’un moment je réalise que je suis le seul homme et de plus le seul non-asiatique à la ronde. Demande à une femme d’âge mur ou sont les hommes. Elle me répond « Nulle part, mais tu peux être mon homme si tu veux. » sa copine « moi aussi, si tu veux ». J’hésite à répondre « 30 dollars, me so horny, me love you long time » vu les récents coupes budgétaires. Il y a bientôt des élections aux philippines et aujourd’hui c’est jour triplement important pour ces femmes catholiques et citoyennes d’un pays dans la merde. Pâque et élections. Quel mélange.

Me paye un ticket de tramway Honk Kongais et prend des super photos avec Big Brother sur la ligne vetuste. Parcours le quartier des affaires. Sasha me rappelle : Il a faillit conclure la veille avec une journaliste. Air connu. Mangeons un pho dac biet moins bon qu’a Belleville. Retour pour le lock-down.

Le lendemain je dois retrouver Sacha devant ma tour-ghetto. Passe me prendre un coca et des pansements pour mes pieds qui souffrent au Seven-Eleven. Un type black est étendu là avec une couverture sur le visage. Les secouristes se font même pas chier et fument une cigarette. Je réalise que le quartier est vide d’indiens et plein de flics. Meurtre ? Overdose ? Cause naturelle ? Je prends une photo –reflexe de journaliste- et me tire en frissonnant. Le mec jonche l’endroit même ou le Mongole m’a couru après il y a un jour.

Choppe le Visa : 75 euros. Ouille.

Dine avec un amis de Lara, David, fixer à Honk Kong. Ma chemise en soie pue le jeune clochard et est déchiré. Je commence vraiment à faire pathétique. La femme de David m’explique le mystère des Philippines : Elles sont employées de maison et se réunissent ici chaque dimanche pour leur jour de congé. Loin de leur boulot/logement. Au plein air, à papoter.

Je saute dans le train, content de fuir vers un endroit moins cher. Retour à la chambre qui sent la pisse de chat pour récupérer mes affaires et –enfin- enfiler des vêtements neufs comme une nouvelle peau. Perdu mon billet de train. Le lendemain, trouve un couch surfer allemands musicien dans l’orchestre municipal de Canton. Dinons et discutons avant de regarder Election 2.

Je saute dans le train pour Pékin. 24 heures de trajet à jouer à la gameboy et à regarder des films. Et me voilà maintenant. Dans une auberge de jeunesse de Pekin prés de la cité imperiale. Lundi, entretient d’embauche. Malgré les annulations à répétition. Bizarrement après toutes ces emmerdes la capitale Chinoise me semble vide et chiante, à croire que j’ai pris gout au stress permanent des derniers jours.

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